‹ L'esprit au théatreChapitre 42 sur 308 · BERGÈRES · texte numérisé non relu

BERGÈRES

A son lit de mort, Guibert, régisseur des Variélés, fit aiqieier Auguste, son successeur, et lui dit :

— C'est vous, monsieur, (jui allez me remplacer; |)ermetlez à un mourant do vous donner quelques conseils. Soyez indulgent poulies femmes, pour les choristes surtout. Les seuls monienis heureux de ma \ie, je les ai passés avec elles. J'ai encore une recommandation expresse à vous faire : Ne ralliez jamais vos choristes femmes qu'avec ces mots : « A nous, les bergères! » elles y sont faites depuis (rente ans. Je vous lègue celte tradition, c'est tout ce (|ue je puis vous léguer.

Et il mourut.

BERNARD (sAjiutL)

L'auteur de Julie ou le Triomphe de ramilié lit usage dans sa pièce du trait que voici.

Un grand seigneur très-emprunteur, et très-connu pour ne jamais rendre, ne connaissait que de vue le fameux et riche Samuel Bernard.

A la première visite (ju'il lui rendit, et après les premières civilités, il lui dit :

— Je vais vous étonner, monsieur : je m'appelle le marquis de F***, je ne vous connais point, et je viens vous emprunter cinq cents louis.

— Je vous étonnerai bien davantage moi, monsieur, répondit Samuel Bernard ; je vous connais et je vais vous les prêter.

58 l'esprit au THÉATHE

BIEVRE (le marquis de)

Mole avait une grande réputation de roué, lorsqu'il lui arriva de relarder, sous prétexte de rliuuie, la première représentation du Séducteur de 31. de Bièvre :

— Eh bien , lui dit l'auteur, vous jouerez le séducteur enroué.

A la première représentaiion de la Fau&se Magie, lorsqu'il vit le miroir sur la scène :

— Ali ! quel dénoùmeut à la glace ! s'écria-t-il.

Il disait à une chanteuse de l'Opéra, qu'un Américain voulait emmener à Saint-Domingue :

— Vous ne vous plairez pas dans ce pays-là, on y passe souvent du blanc au noir; et puis on y a pour principe, comme en musique, que deux noires valent une blanche : au surplus, si votre amant ne vous satisfait pas, envoyez -le faire sucre.

Saint-Marc, auteur de plusieurs opéras, fit jouer à Fontainebleau une pièce intitulée le Laïujafje des fleurs. De Bièvre, à qui l'on (lemanda comment il trouvait cette pièce, répondit :

— Elle est charmante, c'est dommage qu'il n'y ail pas de pensées.

— Oh! je suis bien rusée, disait une femme au marquis.

— Ah ! mailaiiie, c'est sûrement un air (une r) que vous vous donnez.

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