‹ L'esprit au théatreChapitre 50 sur 308 · BOUFFÉ · texte numérisé non relu

BOUFFÉ

Après les journées de juillet, on représentait au lliéâlre des Nouveautés un impromptu patriotique de MM. Ferdinand de Villeneuve et Masson.

BoulTé, dans le rôle d'un manœuvre, le père Gâclieux, y faisait beaucoup rire ; c'est dans celte pièce que se trouve ce joli dialogue :

— Dis donc, MiloulTlet, je me suis assis dans le Irône t

— Vrai?... Y esl-on bien?

— Oh! si lu savais comme on s'enfonce là dedans!

BOURGOIN (mademoiselle)

Dans un dîner que donnait mademoiselle Bourgoin, le prince Paul de Wurtemberg, hrouillé avec son frère régnanl, s'élevait contre les tendances despotiques des souverains.

— Ils ne font point assez de concessions ù l'esprit du temps, disait-il ; si j'étais roi, je donnerais beaucoup plus de liberté.

— Oh! mon Dieu, répondit mademoiselle Bourgoin, vous dites cela à cause de votre position ; mais vous feriez comme les autres, si vous étiez chef d'emploi.

Pendant une répétition, les acteurs parlaient finance.

— Pour nous autres hommes, dit Talma, les appointements sont tout; tandis que vous, mesdames, vous avez d'autres avantages.

^ Ah ! mon ami, s'écria vivement mademoiselle Bourgoin, pas tant (|ue tu crois, va. Il y a bien des non-valeurs !

Mademoiselle Bourgoin écrivait lettre sur lettre à Talma pour le prier déjouer Achille quand elle jouait Iphigénie. On assure qu'elle tourna la tête d'IIamlet et de IManlius. Plus lard, lorsqu'elle fui brouillée avec Achille, à l'occasion de sa liaison avec le ministre Chaplal, on fil courir cette épigramme :

On trouve, ;) co (iiron dit, du talent a Talma, J'en ai bien plus que lui depuis que Chaptal m'a... Donné ces diamants, parure sans pareille, Qui me lait plus briller que les vers de Corneille.

Page 1