‹ L'esprit au théatreChapitre 65 sur 308 · CHÊNE ET ROSEAU · texte numérisé non relu

CHÊNE ET ROSEAU

Le bon la Fontaine n'a pas composé de fable qu'Odry préférât à celle qui a pour titre le Chêne et le Roseau ; cependant, il lui semblait qu'un peuplier aurait mieux convenu qu'un chêne, pour être exposé à toute la violence des vents.

— Car, enfin, dit-il, toute la morale de cet apologue se borne à ceci :

Au fort de la tempête, il faut un peuplier (un peu plier).

CHERURINÎ

Cherubini venait de se tirer d'une maladie grave. Parmi les visiteurs qui le complimentaient sur son heureuse convalescence, se trouvait l'auteur de la Juive. Le quinleux vieillard, qui ne voyait toujours dans ce maestro que son ancien élève, le recevait avec un laisser aller de mauvaise humeur.

— Ze te dis que je souis mal, très -mal.

— Mais, monsieur Cherubini, je vous proleste que vous êtes frais comme une rose.

— Oui, comme une rose de quatre-vingt-quatre ans. Ze le dis que ze m'en vas. Ze me sens peut-êlreî... Ze m'en vas, mon ami; ze n'ai plus que dix ans à vivre!

II approuvait quelquefois, blâmait plus souvent, et se taisait d'ordinaire. On venait d'exécuter au Conservatoire une de ses ouvertures ; on lui demanda ce qu'il pensait de l'exécution :

— Puisque ze n'ai rien dit, répondit-il, c'est que ze souis content.

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