‹ L'esprit au théatreChapitre 95 sur 308 · DIRECTEUR QUI AIME A RIRE · texte numérisé non relu

DIRECTEUR QUI AIME A RIRE

Une voix de ténor avait été découverte dans un atelier. Le directeur de l'Opéra fit venir l'ouvrier et s'engagea à lui faire une pension qui le mît à même d'apprendre la musique et de vivre, en attendant l'heure de ses débuts. La question de nourriture amena le dialogue suivant :

— Ce n'est pas tout, dit le directeur, il s'agit des repas ; je ne veux point vous donner moi-même de quoi manger, vous pourriez bien le boire. Trouvez-moi un restaurateur, je traiterai directement avec lui.

Le lendemain arrivait un cabaretier de Montmartre.

— Combien me prendrez-vous par repas ? demanda le directeur.

— Quarante sous.

— Ce n'est pas cher. Accordé. Mais j'y mets une condition : c'est que notre pensionnaire ne mangera du lapin que deux fois pas semaine.

— Mais c'est impossible, monsieur .'comment voulez-vous que je m'en retire ? répondit d'un air dolent le cabaretier.

— Eh bien, je vous donnerai cinquante sous; j'aime mieux faire un sacrifice. Je ne veux pas que, plus tard, par une économie mal entendue, il reste à mon ténor des chats dans la gorge.

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