SCENE X
MADAME ORONTE, LUCAS
Tu étais là encore avec mon mari. Il t'a dil apparemment lequel il veut clioisir pour gendre, ou de Valére, ou de monsieur Thibaudois, que je lui ai proposé '?
LUCAS, tournant fon chapeau.
Ilom!
.MADAME ORONTl".
Tu tournes ton chapeau : ciest-à-dire que- mon mari n'est pas de mon avis.
LUCAS, secouant la tête.
Prr.
28 1."EJ,1'IUT Dli CONTHAUICTIUN
MADAME OUONTE
^Monsieur TIlibaudois, dis-ta, n'est pas du goût de mon mari, et il aimerait mieux Valèrc ?
LUCAS
Hé, hé. hé !
MADAME ORONTE
Parce qu'il est plus jeune ? N'est-ce pas qu'il plairait davant<sfe à ma fille?
r-ucAs
lie I mais...
MADAME ORONTE
Quoi ! tu me soutiendras qu'un élablissement solide, que les gros biens de monsieur Thibaudois ne sont pas préférables ?
Baon !
MADAME ORONTE
J'enrage quand j'entends raisonner ainsi.
LUCAS
Mais, mais, mais...
MADAME ORONTE
Faux raisonnements que tout cela.
LUCAS, frappant du pied.
Morgue !
MADAME ORONTE
Et tout ce que tu me dis là, c'est mon mari qui te le fait dire.
SKKNK X 29
LUCAS
Paisan^oi.
MADAMK ORUNTi;
\e voilà-t-il pas mot pour mut tous ses discours? Oh bien, je lui déclare que malj,^rc lui. ..
LUCAS
Ilan...
MADAME UltUiMl:-
< Mii, malgré lui, à s.i barbe...
Pâo !
MADAME OHONTK
Oui... 11 le prend sur ce ti>u-là!je lui ferai bien voir...
LUCAS
Pa ta la!
MADAME OnONTi:
Il verra si je suis la maîtresse.
LUCAS
Prrr... ,#
MADAME OUONTE
Oh! c'en est trop, mon mari : vous meconlrcearrez, vous m'insultez, vous m'outragez.
{Lucas fait signe à Orontc d'avancer, et il le nui à sa place à côté de madame Oronic jiendant qu elle parle seule.)
30 I.'liSr'HIT DE CONJRADICTION