‹ L'esprit de contradiction, comédie en un acte. Representée pour la première fois en 1700, reprise au Théatre National de l'Odéon le 12 Fév. 1920. Direction Paul GavaultChapitre 20 sur 31 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

MADAME OUUXTE. UllOXTE, LUCAS

LUCAS, bas à Oronte.

Courage, monsieur, crions bien fort que je ne voulons point de M. Thibaidois, afin qu'a nous le baille plus vite.

> up.oNri'.

Ecoulez, Uia femme...

34 I.'tSPIUT UE CONTRXDICriO>

LUCAS

.To vous disons don que...

ORONTt;

•lo veux que vous sachiez que...

LUCAS

Que je sommes, vote mari...

OHONTE

\'ous dites que vous voulez M. Thibaudois pour prendre, n'est-ce pas? Je vous dis, moi, que ma fille ne veut point de lui.

Elle en veut un pu délicat.

MADAME ORONTE

Ce n'est ni la volonté de ma fille, ni la mienne, qui doit décider: c'est la vôtre, mon mari; et là-dessus, comme sur toute autre chose, vous êtes le maître.

LUCAS

C'est moi itou qui trouve à propos que...

MADAME ORONTE

Tu es homme de bon conseil, Lucas: j'écoute volontiers tes avis.

ORONTE

Kn un mot, ma femme, vous m'avez proposé M. Tliiuaudois, et moi je n'en veux point.

MADAME ORONTE

Parlons avec douceur, .l'aime la paix et 1 union, je ferai ce qui vous sera le plus ajîréable.

OUONT):

Ce qui m'est agréable, c'est de navnir point de complaisance là-dessus.

MADAME ORONTE

C'est à moi d'en avoir pour un mari que j'aime efque je respecte.

ORONTE

Vous plaisantez, et je vous dis très sérieusement que M. Thibaudois n'est pas de mon f;oût.

MADAME ORONTE

Notre goût détermine le mien, et je ne pense plus à M. Thibaudois.

ORONTE, bas Cl Lucas.

Lucas.

LUCAS, bas à Oronte.

Poussons l'arme, c'est quelacontredition n'est pas encore en branle.

ORONTE

Parlez donc, madame, est-ce que vous vous mo(iuez de moi V

MADAME ORONTE

Mais pourquoi vous emporter, puisque je vi»us donne ma parole?

LCCAS

Bon! vote parole, a va et vient comme l'air du temps.

MADAME ORONTE

Vous en allez voir l'exécution,

:ir» i,'r;spniT r>i: conthaihciiox

(•KO NTIC

Vous non feri'z qu'à voire Irir.

Page 1