‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 105 sur 240 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

ni plus ni moins. Ainsi, comme on le voit, la différence qui existe entre la méthode à priori: et la méthode homœopathique est pareille à celle que l’on observe entre un roman dangereux qui est le fruit d’une imagination malade ou perverse, et un fait positif, éclairé sous toutes ses faces et rendu incontestable par l’expérience journalière.

Arrêtons-nous maintenant à la méthode symptomatique. Placée en regard de l’homœopathie , elle se montre avec toutes ses imperfections. L’une des plus notables , celle qui la caractérise particulièrement , est de contraindre ses adeptes à fonder la cure des maladies internes sur la diversité des leurs symptômes , et de les assujettir, par cette règle mensongère , à suivre plus habituellement une médication contraire au but de l’art , dans le temps même qu’ils savent bien que plusieurs maladies de caractère opposé sont accompagnées de symptômes semblables, ou du moins qu’ils se montrent tels à leurs yeux. La méthode homœopathique aperçoit de suite la voie qui doit la conduire au véritable mode de médication; elle la suit de confiance, parce que cette voie est droite et qu’en offrant d’une manière positive la forme extérieure des maladies , la seule accessible aux sens humains , elle indique en même temps les remèdes propres à les combattre avec certitude de succès. Autre chose est de suivre dans la pratique la diversité des symptômes des maladies pour en deviner la nature , laquelle se soustrait

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sans cesse à toute espèce d'investigation ; on se trompe toujours , et sous ce rapport la méthode symptomatique ne diffère point de l’à priori , qui agit de même ; tandis qu’en se laissant guider par le véritable aspect ou par leur forme extérieure , c’est-à-dire par l’ensemble de leurs symptômes , on est certain d’avoir sous les yeux l’image reflétée de la partie interne ou secrète de ces mêmes maladies.

Un autre grand défaut de la méthode symptomatique qu’il nous faut noter ici , c’est de laisser plus souvent qu’on ne le pense , à l’arbitraire la direction des remèdes, contrairement au symptôme le plus grave de l’une ou de l’autre maladie, c’est-à-dire celui qui fatigue le plus le patient. Par cette voie erronée , l’on n’attaque pas l’ensemble de la maladie , on lui donne le temps de s’étendre, de s’aggraver, de devenir plus opiniâtre, et par conséquent plus longue, plus difficile à guérir. En opérant dans un sens tout à fait inverse , la méthode homœopathique dissipe , d’abord et à la fois, tous les symptômes de la maladie , le patient se trouve ainsi tout à fait rétabli : chaque jour la pratique obtient de semblables résultats. Cependant, soit entêtement ou mauvaise foi , les partisans de la méthode symptomatique n’y font pas attention ou affectent de ne point s’en apercevoir ; ils suivent une route inconnue, longue, tortueuse , remplie d’abîmes , quand celle ouverte par la méthode homœopathique est large , unie ,

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