‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 231 sur 240 · CHAPITRE XX Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX Vil

tenant chacun de leur côté le poignet d’un malade, l’un trouve rarement à son pouls le caractère que l’autre prétend y trouver.

Depuis Fouquet etBordeu en France, Sprengel et Meckel en Allemagne, Nihell en Angleterre, Cirillo, Gandini en Italie, etc., on n’a rien écrit sur le pouls ; quelques auteurs modernes en ont parlé dans leurs ouvrages de séméiotique, mais ce n’a jamais été que d’une manière épisodique : il manquait donc un traité complet sur le pouls ; M. Rucco a voulu remplir cette lacune.

Pour se faire une idée de l’importance et de l’étendue de son travail, il faut savoir que ce médécin, né à Naples, a fait ses recherches, nonseulement à l’hôpital de Saint-Giacomo, où il était professeur de pathologie, et à l’hôpital dellaPace , mais encore à Paris, en 1811, où il avait été envoyé par son gouvernement pour étudier nos hôpitaux, nos prisons et nos institutions médicales et philanthropiques, afin de les apporter dans son pays ; il a poursuivi ses recherches et ses observations en Amérique, à Baltimore, à New-Yorck, à Philadelphie, etc. ; qu’enfin,en 1820, il vinten Angleterre, et ce ne fut qu’en 1827 qu’il se décida à mettre en ordre et à publier les résultats de ses recherches. ( Journal Universel des Sciences Médicales, tome LIY. Paris, 1829.)

Ouvrage du docteur Rucco sur la science du pouls (1).

Si le pouls n’est pas le véritable critérium pour juger des maladies , nous ne comprenons nullement pourquoi on ne renonce pas à Fhabitude de le consulter. Mais, au contraire, s’il présente une donnée aussi sûre que possible pour reconnaître l’état sain ou morbifique où peut se trouver tout individu vivant, il est bien fâcheux que les médecins qui écrivent dans la plus grande partie de l’Europe gardent un silence absolu sur ce sujet. Quant à nous , lorsque nous portons notre attention sur l’immense influence qu’exerce l’état du sang et la manière dont il circule dans le corps humain , nous sommes obligés de regarder le pouls, sinon comme un indice infaillible, du moins comme un signe puissant de l’état sain ou pathologique du corps humain. Quelle raison donc pourrait-on donner de l’état d’oubli dans lequel on a laissé la sphigmique, ou connaissance du pouls? Dira-t-on que c’est à cause de la difficulté et de l’obscurité du sujet ? En ce cas, la nécessité n’en est que plus évidente, le devoir plus pressant de l’étudier avec patience. C’était à M. le docteur Rucco de remplir cette lacune dans la science mé-

(1) Voir le Progrès des Sciences , des Lettres et des Arts. — Septembre et octobre 1853. — Livraison V, vol. VI. Naples.

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