NE I TON
Comment , d'honnêtes gens se quereller enir'eux !
FOr.BF.n.
Ail ! c'est qu'en fait d'honucur , moi je suis chatouilleux.
NELTON.
Quoi ! Nivelle, à Forber vous ave/, fait injure !
mvELI.E.
Non pas , il s'est fâché d'une vétille pure.
roiiKEB .
On peut bien m'arrêter , me jeter en prison ,
Mais sur l'hoaiieur , niorI)lcii ! je ii'ciuends point raison.
MJLTON .
C'est fort Lien fliit , mon cher. . . cet homme est énergique.
Nivelle , vous avez Tesprit trop satyriquc,
Il faudrait nie'nager un ami délicat.
Kor.EEn.
Délicat, c'est le mot. Jugez noire débat ,
Je vais vous Texpliquer.
KiVELLE , vivement.
Eh ! non, j'eus tort sans doute.
FOnBER , criant.
Ecoutez! écoutez !
NELTON.
Parlez, je vous écoule.
FOlUiER.
Vous connaissez ce Lord qui ma fait arrêter , J'avais un bon moyeu de le faire sauter. Mais mallieureust-nieiii j'ai manqué l'euireprise.
NEl.TON.
Sauter ! el comment donc ?
FOUBEn .
Parbleu 1 dans la Tamise.
WELTON.
O ciel ! qu'ai-je entendu!
NIVELLE
Forber, que diiei-vous?
Il a le diable au corps.
FOUBT.R .
Eli bien ! ùlcs-vous fous ?
Un Mnusire.
IN'ciLTON.
Qu'importe !
FOnBER.
Et comment donc, qu'importe ?
( A part ) Encore un modère , que le diable l'emporte ! Moi , q;ii crois me trouver chez des gens bien pensans!
Q.ielle école 1
NELTON , bas à Nivelle.
Cet homme a-i-il perdu le sens?
Diies-moi donc , faiil-il le croire sur parole ?
MVELLE.
Eh ! non , il. . . exagère , et c'est . . . une hyperbole.
kelton.
Hyperbole?. . . Pourtant , je suis un peu surpris.
MVELLE , a Forber.
Il faut gagner la mer, car si vous étiez pris...
FOnBEU.
Qu'ils se gardent morbleu de m'échauffer la bile^ Et puisque je consens à demeurer tranquille , Qu'on m'y laisse ; sinon , Forbor , loin de s'enfuir , Sur ses pas pourrait bien songer à revenir.
NELTON , à Nivelle.
Croyez-vous que chez moi l'on ose le reprendre ? Qu'il passe ici la nuit, demain, sans plus attendre. Je prétends en lieu sur, moi-même le mener, Av.c beaucoup d'argent, rien ne doit nous gêner.
FORBER.
Vous en avez beaucoup ? c'est heureux ! quel dommage Que ce maudit métal ne soit point le partage De gens entreprenans qui sauraient l'employer A servir nos amis , à les multiplier !
NELTON.
Et que feraient- ils ?
FORBER.
Tout. Tout sur l'arpent se fonde j Avec un lei ressort je remuerais le mon.le, J'aniiii.^rais pardieu des révolutions Qui ne finiraient pas. Qu'on me donne des fonds , Je p'à^ne et mets sur pied une immense assemblée , Une bonne Spafields enfin renouvellée.
Là , de mon éloquence on verrait les effets, Des paroles bientôt je passerais aux lai s, Car c'est dans Tacikou que la vertu consiste.
Guerre aux gens mal pcnsans , j'en ferais une liste. Les Minisiéricls eu lète y seaiciil mis ^ Puis leurs atnis, et puis leurs lièiles ennemis, Et ceux qui pensent mal dans le fond de leur âme. Alors de ma fureur éclaterait la llamme.
Qu'en pensez-vous ?
jNELTON , stupéfait.
Tenez , je ne fais pas grand ca»
Des re'voluiions qui ne finissent pas.