‹ l'esprit des OrientauxChapitre 125 sur 214 · MONDE · texte numérisé non relu

MONDE

Le monde est un cadavre, et ceux qui s y att-achent sont des chiens. (Lokman)

Ne te trompe pas, 6 mon cœur ! garde-toi de te livrer aux distractions du monde ; ce globe impur ne présente que de vains fantômes. Il commence par f offrir différentes espèces de douceurs ; mais il finit pas se repentir de ses offres passées. La lumière de personne n'est demeurée allumée jusqu'au matin. Ah! je gémis en pensant au joug que ce monde m'a imposé. Le soleil

(les jours licui'cux se li'vc-i-il, les amertumes du soir lui serN'ciit (le voiles pour Tcmpêcher de répandre de leclat. ("elui qui habite dans ce monde trouve-t-il du repos, ô Fàzil? Ce monde est une sphère où domine le deuil; ses plaisirs sont des peines et ses faveurs des gémissements. (Fazil, poëte turc — Al. Timoni)

Le désordre et la confusion toujours ont régné dans le monde : l'un rit, Tautre pleure, un troisième pousse des cris. L'un est le rossignol qui soupire ses chagrins, l'autre la rose des joues de l'objet qui l'attache. Le monde est pour les uns le plus charmant pavillon, un jeu, un divertissement, une jouissance ; à d'autres il n'offre que chaînes et amertumes. Le roi et l'indigent sont également sujets à devenir à la fin le jouet des pieds de la fortune. 0 Baki ! tu es aujourd'hui tout étonné en présence du couvent de ce monde : tous ceux qui y arrivent restent stupéfaits devant ces mystères. (Baki, poëte turc — Al. Timoni)

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