‹ l'esprit des OrientauxChapitre 22 sur 214 · AVARICE · texte numérisé non relu

AVARICE

Un homme n'avait pas la force de toucher à sou or ; il était riche et ne pouvait se résoudre à faire usage de ses richesses. Il ne mangeait point de quoi apaiser ses besoins; il ne donnait point, afin d'amasser des mérites pour les jours à venir. Un jour, son fils, s'étant mis en embuscade, découvrit le lieu où était caché son trésor ; il le tira de terre et le prodigua en dépenses frivoles, après avoir, m'a-t-on dit, mis une pierre à la place. L'or ne resta pas longtemps entre les mains du jeune homme; il l'avait pris d'une main, il le dépensa de l'autre, car c'étuit un vaurien, un libertin perdu de débauche, qui vendait son bonnet pour se divertir et

LA MORALE EN ORIENT li

nicttiiit SCS hîiu(s-de-cluiusses en j^a^j^c. Le père, dans Texcrs (le s;i douleur, se serrai! le gosier ;iv(!e ses mains; le lils avait l'ait venir, |)<)ur s'amuser, des joueurs de flûte et de guitare. La nuit se passa sans que le père fermât Tœil ; il poussait des cris et des gémissements. Son fils, au matin, se mit à lire et lui dit : « Cet or, mon père, était destiné à fournir aux besoins de la vie : pour rester enfoui, peu importe que ce soit une pierre ou de Tor. On tire l'or d'une roche dure, pour le dépenser avec SCS amis et les hommes qu on estime ; entre les mains d'un homme qui fait une idole des richesses, l'or est encore dans la mine. (Saadi, Bostân. — S. de Sacy)

L'avarice contient en soi toutes les dépravations. (Ahli, Apo^hthegmes arabes, m, 158)

Page 1