‹ L'esprit du comte Joseph de MaistreChapitre 1 sur 48 · PAR M. DE MAISTRE LUI-MÊME · texte numérisé non relu

PAR M. DE MAISTRE LUI-MÊME

(( Lorsqu'un homme conçoit le projet de se « rendre l'éditeur d'un écrivain illustre qui (( n'existe plus, nous voudrions qu'il y eût untri- (( bunal littéraire auquel cet homme fût tenu de <( présenter ses titres pour en obtenir une permis- (( sion, sans laquelle son projet serait considéré « comme un délit plus ou moins punissable; à « moins qu'il ne s'agît uniquement de réimprimer (( le texte sans y ajouter une syllabe.

« Il faut, en effet, dès qu'il s'agit de notes et (( d'additions, qu'il y ait entre Tauteur et l'éditeur « certains rapports indispensables : il faut, s'il est (( permis de s'exprimer ainsi, qu'il y ait entre eux (( une cQriaïne parenté de goûts, de sentiments et (( d'opinions, sans laquelle il y aura nécessairece ment entre les idées de l'auteur et celles de l'é- (( diteur une dissonnance choquante et quelquece fois scandaleuse.

(( Parmi les énormités du dix-huitième siècle, (( nous avons toujours distingué l'édition si con- « nue des Pensées de Pascal, par Condorcet et « Voltaire, avec les notes et les observations de « ces deux sophistes. C'est un spectacle insuppor-

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