‹ L'esprit du comte Joseph de Maistre [selections]. Précédé d'un essai sur sa vie et ses écritsChapitre 8 sur 49 · SIV AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

SIV AYANT-PROPOS

le désir de les lire et de les étudier, et qu'il sera agréable à ceux qui les connaissent, en remettant gous leurs yeux des idées vastes et fécondes qui ne sauraient devenir trop familières.

M. de Maistre lui-même, — je n'en doute pas, — eût approuvé l'idée de cet Esprit de ses œuvres : apôtre éloquent de la Providence, il n'a formé qu'un vœu, et c'a été celui de sa vie et de sa mort, — c'est que la France, l'Europe, le monde entier se ralliât autour de ce drapeau trop méconnu.

Si, dans ce livre, on ne trouve que des anneaux détachés d'une longue chaîne, ce sont du moins des anneaux d'or.

Français par ses aïeux, Français de cœur, de pensée et de style, M. de Maistre nous appartient tout entier, et nul ne songe à nous le revendiquer. Chez lui, la hauteur de vues de Bossuet, le charme insinuant de Fénelon et la fine ironie de Fréron dans ses meilleurs moments, concourent à donner à ses écrits cette force, cet accent de persuasion, cet intérêt qui ne languit jamais, — qualité si nécessaire et si rare pourtant dans les œuvres philosophiques!

C'est pour caractériser la nature toute particulière du talent si complet de l'auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg, que semblent avoir été écrits ces beaux vers d'un de nos poètes du grand siècle, qu'on ne peut mieux appliquer qu'à M. de Maistre :

ATAirr-PROPOS. X?

Son livre est d'agréments un fertile trt^r.

Tout ce qu'il a touché se convertit en or.

Tout reçoit dans ses mains une nouvelle grflce. Partout il divertit, et jamais il ne lasse.

Une heureuse chaleur anime ses discours.

Il ne s'égare point en de trop longs détours.

Aimez donc ses écrits, mais d*une amour sincère. C'est avoir profité que de savoir s*y plaire (I).

Avant de douner les pensées de cet esprit d'élite, qu'il me soit permis de le faire connaître comme homme et comme auteur dans l'essai suivant sur sa vie et ses écrits.

Chez le comte J. de Maistre, l'homme est à la hauteur du philosophe catholique, et par un bonheur qui n'est pas toujours accordé aux biographes, j'ai pu étudier cette belle âme dans sa correspondance intime, oîi chacune de ses lettres m'a fourni un détail pour composer son fidèle portrait.

Un grand nombre de notes compléteront les pensées choisies de M. de Maistre, et fourniront des rapprochements qui, je l'espère, intéresseroilt le lecteur.

Heureux si j'ai réussi dans ce monument élevé à la mémoire de ce beau génie, et si ce volume, — préliminaire d'une étude de M. de Maistre, — inspire à ceux qui le liront, le désir de connaître ses œuvres entières 1

(i) Boileau, Art poétique, chant troisième.

Charles BARTHÉLÉMY.

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