‹ L'Ésprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 4)Chapitre 61 sur 136 · I. PEINCIPE DE FAMILLE. — GENTES · texte numérisé non relu

I. PEINCIPE DE FAMILLE. — GENTES

aurait été en plein épanouissement au commencement de l'ère de la royauté , et à la fin de celle-ci elle aurait déjà été transformée de fond en comble ! Cette révolution colossale de tout le système juridique — car elle n'est rien de moins — n'est motivée que par la vague hypothèse de l'existence d'un prétendu principe directement opposé. Ce n'est point la nécessité intrinsèque qui l'a produite , ni le simple développement du dedans au dehors , mais uniquement la force de l'exemple donné par la plèbe, et l'introduction voulue d'un élément étranger ! Cette révolution aurait dû s'accomplir sans secousses , aucune trace n'en serait restée dans la mémoire du peuple , le droit n'en aurait pas conservé la plus lointaine réminiscence ! Et la propriété libre et illimitée, telle qu'elle existait chez les plébéiens , se serait intronisée, sans que la gentilité , à laquelle elle donnait le coup de mort, se serait seulement défendue !

Non, c'est une erreur aussi grave de nier absolument la propriété privée originaire , dans le sein de l'union politique des races , que de tomber ensuite , sans transition , dans le système opposé d'une propriété privée complètement libre et sans restrictions. La vérité est au milieu de ces deux termes extrêmes. Le sol romain était régi , dès ces temps primitifs , par le principe de la propriété publique , et celui delà propriété privée soumise à des restrictions dans l'intérêt de la gens.

On connaît la propriété publique de l'État, Vager publicus. Il est hors de doute pour moi que ce rapport n'était pas circonscrit originairement à l'État seul. Il se reproduisait au contraire , dans le sein de chaque gens ; et même , au lieu qu'il se soit transporté de l'État dans la gens , c'est plutôt de la gens qu'il a été transplanté dans l'État. Il me suffira de rappeler que la gens représente l'État en petit; que les trois intérêts , politique, religieux et militaire, qui s'élèvent à leur point culminant dans l'État, se répètent tous les trois dans la gens, et que si l'existence de Vager publicus était la condition nécessaire pour protéger ces trois intérêts dans l'État , elle doit avoir été pour le moins aussi indispensable dans la gens. Le centre

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