COMMENT L’ESPRIT ET LE CORPS SONT UNIS
Ainsi, lorsque nous parlons d’unir l’esprit au cerveau, il est bien entendu que nous ne le faisons que sous une réserve importante. Tout en affirmant cette union de la manière la plus forte, nous devons cependant lui refuser la qualité, qui en semble presque la conséquence forcée, d’une union de lieu. Un organisme doué d’étendue nous fait passer à un état où l’étendue n’existe pas. Un être humain est une masse materielle et étendue, douée de la faculté de sentir et de penser, faculté aussi éloignée que possible de tout ce qui est matériel; état d’extase dans lequel, tant qu’il dure, nous perdons de vue la matière — de sorte que nous ne pouvons pas représenter les deux extrêmes comme situés l’un à côté de l’autre, comme contenant et contenu, ou sous aucun autre aspect d’union locale. Nous ne pouvons exister complètement dans l’un qu’à condition que l’autre soit momentanément éclipsé ou éteint.
Le seul mode d’union qui ne soit pas contradictoire est l’union de succession rapprochée dans le temps; ou de position dans un fil continu de vie consciente. Nous somrftes en droit de dire que le même être est alternativement objet et sujet, conscient avec étendue et conscient sans étendue ; et que sans la conscience douée d’étendue, celle qui n’a pas d’étendue n’existerait pas. Sans certains modes particuliers de l’étendue — ce que nous appelons l’organe du cerveau, et le reste — nous ne pourrions avoir ces moments d’extase, nos plaisirs, nos souffrances, et nos idées, qui, dans cette vie, alternent par accès avec notre conscience étendue.