‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 40 sur 157 · CONDITIONS PHYSIQUES DU PLAISIR · texte numérisé non relu

CONDITIONS PHYSIQUES DU PLAISIR

outre la souffrance que cause la discordance. Mais pour les deux autres sens, le goût et Todorat, nous ne saurions être aussi affirmatifs. Nous ne connaissons pas la nature de l'action nerveuse qui accompagne un gpût amer, comme celui de la quinine ou de la suie, et nous ne pouvons dire que le passage du sucré à l'amer soit le passage d'une stimulation modérée à une stimulation excessive. Il se peut que la puissance du nerf s'épuise sous l'influence d'une autre cause que la violence de la stimulation; mais nous n'avons à cet égard aucune donnée positive. Nous pouvons dire la même chose de l'odorat.

Ces observations sur le point de vue négatif de la stimulation, celui de la souffrance, en contiennent implicitement le point de vue positif. La stimulation est par ellemême un plaisir. <c L'homme aime la sensation, » a dit Aristote. L'œil se plaît à voir, l'oreille à entendre, la peau à toucher. Nous ne pouvons affirmer^ au sujet de l'exercice ordinaire des cinq sens, qu ils augmentent la vitalité : il se peut qu'ils y ajoutent un peu; mais nous pouvons dire qu'ils mettent la vitalité à contribution pour entretenir des courants nerveux qui sont une source de plaisir. Il est agréable de dépenser en électricité nerveuse une certaine partie des forces de l'organisme ; il ne l'est pas de pousser cette dépense au-delà de certaines limites. Et, quand la stimulation a dépassé cette limite et qu'elle dégénère en souffrance, le bien-être ne peut être ramené que par le renouvellement de la force vitale, en vertu du principe qui fait dépendre le plaisir de la vitalité.

Nous pouvons rappeler ici, à l'appui de tout ce que nous avons dit, le fait, bien établi par l'expérience et la

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