SCÈNE VI
Les MÊMES, LA BARONNE.
LA BARONNE, avec un empressement af fectueux. — Ah! marquis, que votre ar rivée me fait de plaisir ! et combien je suii touchée de votre gracieuse hâte !
le marquis, Ii/i baisa/if la main. — Ei être encore à me remercier aujourd'hui C'est donc que vous ne saurez jamais jus qu'à quel point vous êtes adorée, et que ci sentiment m'est plus cher que mon exis tence !
Point de Lendemain
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LE MAF.QUIS. — Ne devfiez-vous pas être déjà mieux liés ensemble, moins guindés?
■a baronne le? a exaininé-^ F un après Vautre 'ivec quelque méfiance, mais la sécurité du Marquis la rassure.)
LA BARONNE, cérémonieusement , à Daon. — Je craignais, chevalier, que vous } fussiez parti avant mon réveil, et je ms sais bon gré d'avoir deviné le chagrin le cela m'aurait fait.
DAMON. — Madame, je ne reconnaissais ! droit qu'à vous pour me relever de mon rvice. Et je vous supplie d'avoir l'assunce que j'étais incapable ici d'aucune itiative dont vous ne m'eussiez tout d'ard et tout au moins donné l'indication.
LA BARONNE, à Damon. — "Voue êtes si isé qu'il n'y a pas de peine à se faire mprendre de vous ; il y a plaisir.
LE MARQUIS, ayant posé la main sur ■paule de Damon . — Nous venons de voir tre mari : Damon a fini son rôle aussi 3n qu'il l'avait commencé.
LA BARONNE, f/Tavement . — J'étais sûre
succès de tous ceux que l'on confierait nonsieur.
LE MARQUIS. — ■ Seulement, à mon md regret qui, ma chère amie, sera cer-
nem^nt le vôtre, le baron' vient de lui •nifier son congé bien net.
DAMON. — N'était-ce point tout ce que j 'eusse à obtenir désormais 1
LA BARONNE, avcc malice. — En effet, réclamer plus, c'eût été peut-être abuser...
DAMON, vivement. — De mon hôtesse?
LA BARONNE, en conscience. — De mon hôte.
LE MARQUIS. — De la sorte, Damon ne pourra prétendre que le soleil rustique ait eu le loisir de lui brunir le teint, ni accuser aucun inconvénient de la campagne.
LA BARONNE. — Sauf cclui de n'être pas tranquille sur le compte des voleurs, avant de se coucher.
LE marquis, pouffant de rire. — Quoi!
il a eu la venette ?
DAMON. — Oh ! sans en être paralysé.
LE marquis. — C'est égal, la prochaine fois, il faudra te montrer plu£> aguerri.
DAMON. ■ — Pourrais-je donc espère.»" d'être encore bon à quelque chose?
LE marquis. - — Parbleu! continuellement ! puisque te voici au fait ! {A la haremne.) Je vous le ramènerai. {Leur prenant une main à chacun.) Ne devriez-vous pas être déjà mieux liés ensemble, moins guindés que je ne vous trouve?
LA BARONNE. - — Ne VOUS y méprenez
Point de Lendemain
pas, mon cher : Damon et moi, nous sommes probablement au meilleur point des relations, quand elles ne reposent que sur la sympathie, entre gens qui ne se doivent que de la bonne humeur et de l'agrément.
LE MARQUIS. — N'oubliez pas que Damon poîsède à présent notre secret.
LA BARONNE. — Je ne m'inquiète pas, avec le chevalier, d être en compte de secrets.
EAMOx. — Fiez-vous, madame, à mon amitié. Oui, ce pur sentiment, cette attache désintéressée que certains prétendent impossible entre la femme et l'homme, combien cela devient facile quand, comme nous. Ion a su réciproquement s'interdire de rien attendre !
LE MARC II s. — Quant à moi, ma chère, je n'imagine point qu'on puisse se contenter, auprès de' vous, d'une autre part que celle qui n'a point d'égale : Partager chacune de vos émotions, tout éprouver par vous, espoirs et anxiétés, rêveiùes, chagrins, plaisirs, même les remords quand votre amour me reproche ma seule infidélité.
LA B.A.UONNE, avec mansuétude. ■ — C'est e^acé.
LE MARQUIS. — Merci!... Allons! décidément, je suis enchanté! (-.4 Damon.) Et j insiste de nouveau : notre reconnaissance...
LA BARONNE, rétablissant une juste mt sure. — Eh ! marquis, brisons là-dessus Et croyez que tout ce que je dois à mon sieur, je l'ai senti.