‹ L'esprit françaisChapitre 166 sur 315 · IS · texte numérisé non relu

IS

MADAME LE CHESNE, très baS. ~ Moil

)iari.

MADAME SAVIÈRES, même jeu. — Renets-toi, je t'en supplie.

Elle va pour l'entraîner. Elles font nn pas.

PRIOLA, à M^^ de Valleroy. ■ — Qu'este que je vous disais ?

MADAME DE VALLEROY, Cassatlfe.

Toulez-vous faire demander ma voiture ? PRIOLA. — Déjà?

MADAME DE VALLEROY. — Tout de

uite.

Elle lui prend le bras.

PRIOLA, à ^Z™" de Valleroy, avec un nirire. — Souriez-moi. Elle nous voit.

i le moment, Pierre Morain, qui est entré depuis une minute et qui a regardé attentivement Al°' Le Cliesne, aborde brusquement Priola qui s'apprête à sortir avec M'°° de Valleroy, et se penchant à l'oreille du marquis, à mivoix.

MORAIN. — Dites-moi, monsieur... je le me trompe pas?... Avez-vous vu cette lame... là... qui vient d'entrer?

PRIOLA. — Mais oui... c'est elle. Comncnt? Tu l'as reconnue? Tu peux parler ibrement devant M'"'' de Valleroy... (B I- présente.) M. Pien-e Morain.

Il s'incline.

MADAME DE VALLEROY, qni lui tend la nam. — Je suis au courant. Sortons par

PRIOLA, à Morain.

ourne pas.

MADAME SAVIÈRES. -

ure-toi.

- Et ne te re- II s'en va. Ras-

M- LE CHESNE, M-^ SAVIERES

MADAME LE CHESNE. Oui. As-tu VU

comme il m'a regardée?

MADAME SAVIÈRES. — Av€c Une rare insolence.

MADAME LE CHESNE. — H n'y avait pas que de cela. Il n'est pas changé. II a plutôt rajeuni.

MADAME SAVIÈRES. — Je ne trouve pas.

MADAME LE CHESNE. — Quelle est cette femme avec laquelle il est sorti ?

MADAME SAVIÈRES. — Une madame de Valleroy ! Bien peu de chose !

MADAME LE CHESNE. — Mariée?

MADAME SAVIÈRES. — A peine. On ne voit jamais le mari qui vit à l'étranger.

MADAME LE CHESNE. — Ail !

MADAME SAVIÈRES. — Sais-tu ce que je ferais à ta place?... Eh bien ! je m'en irais.

MADAME LE CHESNE. — Je ne peux pas.

M. Le Cliesne doit venir nous rejoindre.

MADAME SAVIÈRES. — Je le ferai prévenir que tu as été prise d'un malaise... et que tu es rentrée.

MADAME LE CHESNE. Oh! non. Et

puis qu'est-ce qu'il penserait de moi?

MADAME SAVIÈRES. — Ton mari?

MADAME LE CHESNE. — Mais non, M. de Priola. En m'en allant, j'aurais l'air d'avoir joeui- de lui.

MADAME SAVIÈRES. — Tu t'inquiètcs de ce qu'il peut penser de toi?

MADAME LE CHESNE. — Je ne m'inquiète de rien.

MADAME SAVIÈRES. lui prenant les mains et la regardant fixement. — Regarde-moi... et ne mens pas... Tu l'aimes encore?

MADAME LE CHESNE. Moi ? Ah! çà,

tu es folle !

MADAME SAVIÈRES. — Viens, alors, et je te croirai.

Elle se lève.

MADAME LE CHESNE, riant tout à COU]) y

contrainte. — Encore une fois, tu es ridicule... à t'entendre, on s'imaginerait que je suis ici en danger.

Le Marquis de Priola

MADAME SAViÈRES. — Très grand.

MADAME LE CHESNE. AveC toi ! SoilS

ta garde? Non, mais dis-le. Tu as peur que je n"aille ahorder M. de Priola?

MADAME SAVIÈRES. — Et s'il t'aborde, lui?

MADAME LE CHESNE. Oll ! (-4 vec Une

nuance de crainte, d'angoisse et presque d'espoir.) Tu penses qu'il oserait?

MADAME SAVIÈRES. — Tu sais bien qu'il est capable de tout ! S'il vient te parler, qu'est-ce que tu feras?

MADAME LE CHESNE. — Il ne viendra pas. Et puis, je lui répondrais, après

MADAME SAVIÈRES, résolument. — Jç reste !

MADAME LE CHESNE, en Colère et per^ dant la tête. — Va-t'en... je le veux... Va-t'en... ou je te quitte...

MADAME SAVIÈRES, désolée, hos. Ail î

Jeanne ! Jeanne ! Qu'est-oe que tu fais là ! Elle s'éloigne, très émue.

MADAME LE CHESNE. — Tu penses qu'il

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