SCENE V
PRIOLA. — An ! LES COQUINESl
Les MÊMES, M"« LE CHESNE
'RioLA, qui se recule, saisi, à tni-voix.
- \li ! les coquines !
r.vDAME LE CHESNE. — Vous êtes pris.
liion! comment allez-vous sortir de
- . Par quelle ruse? Par quelle comédie c .'elle ? Oserez-vous mentir encore?...
L^i, endre que vous saviez ma présence le ière cette porte?...
■RIOLA, qui domine sa rage. • — Non, '■nnie. Je ne l'essaierai même pas. avez raison. J'ignorais que vous fus- 't' cachée.
que vous gisez en bas du piédestal d'honneur et de vertu d'oii je vous ai renversée. J'ai troublé la paix de votre âme.
MADAME SAVIÈRES. -- Non, monsieur.
Je jouais mon rôle.
PRIOLA. — Mal, et avec des défaillances. {A M"^" Le Chesne.) Et vous, poxir avoir vu mes lèvres sur celles de votre amie pâmée, vous connaîtrez la jalousie. Je serai toujours entre vous désormais, et vous m'aimez deux fois plus qu'avant.
MADAME LE CHESNE. — Non, monsieur.
Vous cherchez encore à faire le mal jusqu'au bout. Vous ne le pouvez plus. Vous
Le Marquis de Priola
avez beau dire; vous n'avez rien eu de mon amie. Elle vous a joué. Je la remercie d'avoir su si bien vous démasquer et je l'en aime davantage. Et quant à vous, vous avez tout tué en moi, jusqu'à la haine, jusqu'au mépris, jusqu'au dégoût.
Vous n'êtes pliis, vous n'êtes pas, vous n'avez jamais été.
Elle va pour sortir. La porte s'ouvre. Savières et Morain paraissent.