LA PETITE
V'ià la boustif.
Elle aperçoit le patron et lâche une des assiettes,
CASSEE, sévère. — Qu'est-ce que c'est que ça?
LA PETITE. — Des gâteaux.
EVE. — ■ C'est des dames qui nous les payent.
OLGA. — Avec le madère. Elles sont bien libres.
CASSEE. — Remportez-moi ça tout de suite. (.4 la petite.) Et toi, comment t'appelles-tu?
LA PETITE. — Cécile.
CASSEL. — Quel âge as-tu ?
CÉCILE. — Quinze ans.
CASSEE. — Je te reconnais. Tu es une des petites de la manutention. Tu n'es ici que dejiuis mardi dernier 1
CÉCILE. — Oui, monsieur.
CASSEE. — Eh bien, tâche de filer droit et de travailler au lieu de faire les commissions de ces demoiselles, tu m'entends? (Lui prenant la main.) Qu'est-ce que tu as là qui brille ? Une bague ? Un rubis entouré de diamants !
Toutes se rapprochent.
EVE. — Elle a une bague?
OLGA. — • T'as une bague? Déjà?
CASSEE, les repoussant. — Laissez-moi tranquille, vous autres. (.:^1 Cécile.) Tu ne l'avais pas ces jours-ci? C'est un bijou perdu, que tu as trouvé? Volé peut-être? Allons, avoue?
CÉCILE, à moitié pleurante. — Non, monsieur. C'est un cadeau. O-n me l'a donnée.
CASSEE. — Tu mens. Qui ça?
CÉCILE. — Je ne sais pas le nom. C'est ce vieux monsieur, le père de cette dame qui est venue hier pour ses costumes.
EVE. — M"^*^ Blandin.
DENISE. — - Juste. C'est son père, M. Dupallet.
OLGA. — Le bijoutier. Oh !
CASSEE. — Silence. Eh bien ! c'est du joli. Ah! ça, pourquoi est-ce qu'il prend ma maison, Dupallet? Nous ne sommes pourtant pas à l'Opéra ici. {Les demoi-
GASSEL. — Eh bien, dites-donc,