‹ L'esprit françaisChapitre 309 sur 315 · GOTTE · texte numérisé non relu

GOTTE

un monstre.

PHILIPPE. — Non, vous n'êtes pas un monstre, seulement vous vivez depuis quelque temps dans une atmosphère d amour et le rôle de confidente était dangereux pour vous qui êtes jeune, jolie, avec un mari qui ne s'occupe pas de vous. De mon côté j étais mal deiendu par l'intimité qui s'est établie entre nous, par la tendre affection que je vous porte, par la reconnaissance que j'ai envers vous ; et puis vous êtes séduisante, troublante, et il y a cet instinct ae conquête que tous les hommes ont en eux, ce désir d'inconnu, cette es2>èce de curiosité... Ah! il y a tant de choses contre lesquelles il faut nous défendre et qui sont autour de nous, en nous, malgré nous. Nous n'avons pas été coupables l'autre soir, mais aujourd'hui nous sommes avertis... nous sommes avertis... Et nous serions coupables si nous nous exposions plus longtemps au danger de nous-mêm.es. C'est pourquoi, Gotte, je vais partir bientôt.

GOTTE. — Vous allez partir ! Il ne manquerait plus que ça. Mais qu'est-ce que je deviendrai, moi ? Je n'avais que cette consolation de vous voir, de vous entendre, de vivre un peu la même vie et vous voulez me l'enlever?

PHILIPPE. — Il le faut.

GOTTE. — Non, ça n'est pas vrai, vous ne partirez pas, je ne le veux pas, vous ne le pouvez pas ; d'abord quelle raison donnerez-vous à Hélène ? Partir, n'est-ce pas avouer, me compromettre ? Vous n'eu avez pas le droit.

PHILIPPE. • — Ne veus inquiétez pas de ça, je trouverai un prétexte.

GOTTE. — Alors, c'est décidé, vous voulez partir... Ah! que je suis malheureuse!

Elle éclate en sanglots.

PHILIPPE, la consolant. — Voyons, ma petite Gotte, ne pleurez pas comme ça... Il faut être raisonnable... je ne veux pas que vous pleuriez.

GOTTE. — J'ai du chagrin... Vous ne comprenez pas ça, vous !

IIÔ

La Douloureuse

i'HiLiPPE, la 2Jf'^fi<^fit dans ses bras. — Si, je vous comprends, je sais ce qui se passe en vous.

GOTTE. — Non, vous ne le savez pas...

sans ça vous seriez touché et vous m'aimeriez.

PHILIPPE. — Taisez-vous, Gotte, je vous en prie.

GOTTE. — Non, je ne me tairai pas, et vous m'aimeriez si je voulais, oui si je voulais, car votre voix tremble encore, et vous me serrez dans vos bras.

PHILIPPE. — Si, je vous comprexds, je sais

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