CHANSON
Dans la France, que tout divise, Quel Français a pris pour devise ('hacun pour tous, tous pour l'Eltat, Le Scildat.
Qui fait le guet quand tout sommeille, Quand tout est en péril qui veille.
Qui souffre, (|ui meurt, qui combat?
Le Soldat.
Dans nos heures d'indifférence.
Qui garde au creur une espérance Que tout heurte et que rien n'abat.
Le Soldat.
O rôle immense ! O tâche sainte, Marchant sans cris, tombant sans plaiate, Qui travaille à notre rachat?
Le Soldat.
Et sur sa tombe obsctire et fière.
Pour récompense et pour jirière Que voudrait-il que 1" Un Soldat
I^I^A.G-lVrE3>TT
Sans doute, nous aussi, nous sabrions l'Histoire; Nous mettions, nous aussi, l'univers aux abois. "Mais dictés en soldat et signés la main noire. Nos traités de vain(|ueurs sentaient encor la gloire,
Et les droits des vaincus
restaient toujours des droits.
Sans doute,
nous broyions les peuples dans nos courses. Mais du grand Charlemagne au grand Napoléon Jamais soldat n'a pris les euerres pour ressources; Nos abatteurs de rois ne coupaient pas les bourses. — Et les voleurs n'ont pas de place au Funthcon ! —
LE CAPITAINE
Viens çà, conscrit, fju'on t'examine.
D'où viens-tu? cjucl est ton état?
Sais-tu l'honneur qu'on te destine?
Connais-tu ce mot: « Discipline? ) Comprends-tu ce titre : Un soldat.
Mais ne fais pas si triste mine, Vovons, viens ça, qu'on t'examine.
D'où viens-tu ? Quel est ton état ?
LE CONSCRIT
Ma foi, monsieur le capitaine.
Moi, je suis vigneron chez nous ; Mon chez nous c'était la Touraine Je vivais là, sans peur ni peine, Aimant chacun, aimé de tous...
Et puis voilà que l'on m'emmène.
Et moi, monsieur le capitaine.
Moi, je suis vigneron chez nous.
LE CAPITAINE
Qu'a donc la chose qui t'étonne?
Que vois-tu là qui soit mauvais?
Quel que soit le nom qu'on vous donne
Tourangeaux, Picards, Béarnais,