‹ L'essor industriel & commercial du peuple allemandChapitre 10 sur 61 · PREFACE DE LA TROISIEME EDITION. XIII · texte numérisé non relu

PREFACE DE LA TROISIEME EDITION. XIII

Je ne me suis pas non plus laissé influencer « par les idées de l'école mercantile ». J'ai assez étudié la situation des agriculteurs allemands pour savoir que beaucoup d'entre eux ne voient pas sans regret et sans appréhension l'Allemagne se transformer en « Eœportindustriestaat », On peut, sans s'associer à toutes les récriminations des ruraux, reconnaître que leurs doléances renferment une part de vérité. La diminution progressive des populations agricoles et l'accroissement des populations industrielles ont eu pour résultat une affluençe un peu excessive, j'en conviens, des produits agricoles étrangers. L'accroissement des importations n'est pas nécessairement en effet un signe de richesse. Non, la différence entre les importations et les exportations devient au contraire inquiétante quand elle provient de denrées dont la nation elle-même pourrait produire une bonne partie et que le travail agricole étranger obtient le privilège de fournir. L'Allemagne fait sans doute de gros bénéfices avec son industrie, mais elle paie quinze cent millions de marcs à l'étranger en retour de produits agricoles qu'elle pourrait en partie récolter elle-même, et qui sont après tout lesplus rémunérateursdetous, puisqu'ils sont dans une large mesure un don de la nature (^).

(l)-Cf. sur ces divers points le récent ouvrage de Lujo Brentano

Page 1