PREFACE DE LA TROISIEME EDITION. XV
puis un quart de siècle à sa grandeur. Si j'ai de nouveau, au retour d'un récent voyage, jeté un regard attristé sur la France, ce n'est pas pour le plaisir delà dénigrer, ou déjouer le rôle si ingrat d'avertisseur. Ce qu'il importe, c'est de mettre en lumière les conditions scientifiques et morales du succès^ en même temps que les raisons qui doivent nous le faire rechercher et obtenir.
La France, écrivait un jour Michelet, reste toujours « le pays dont toute la terre enrage et raffole. Personne, ajoutait-il, n'est froid pour lui. Tous en disent du bien ou du mal. A tort ? A raison? qui le sait? Nous, nous n'en disons qu'un mot : on ne souffre gaiement qu'en France. C'est le peuple qui sait mourir. »
Savoir mourir c'est beau! Savoir vivre, quand on veut mettre en ce grand mot tout ce qu'il requiert, ce n'est ni moins patriotique, ni moins brave. Soyons dignes de vivre par notre énergie et notre volonté. Sachons faire un emploi plus généreux et plus patriotique de tant de forces et de passions, qui s'aigrissent faute d'applications saines et de directions utiles. L'heure ne doit pas être au découragement, à la veille de cette grande manifestation économique à laquelle la France a convié le monde. Montrons aux étrangers que nous n'avons rien perdu de nos qualités. Et que