I. — On sait comment Aristote définit la tragédie
« C'est l'imitation d'une action sérieuse et noble, complète, ayant un juste développement; dans un discours relevé par ses agréments, qui selon son espèce, se distribue séparément dans ses diverses parties ; sous forme de drame, non de récit, et arrivant par la terreur et la pitié à purger (ou purifier) de semblables passions (1). » (tr. B.-S* Hil.)
De cette définition, si Ton retranche les accessoires destinés à compléter l'idée, il reste comme essentiel l'effet tragique exprimé par ces mots : la terreur et la. pitié, et ce qui s'est appelé la purgation ou purification des passions de ce genre.
La représentation d'une action sérieuse, propre à exciter la terreur et la pitié : tô ?o£epov xai éXsecvov ou tûv yofcpûv x«2 tXeeivâv fupquc (ch. xiii), voilà ce qui, dans le traité, est donné comme le fond de la tragédie. L'action tragique dans son cours, ses phases et ses péripéties, par laquelle se révèlent le caractère ou les mœurs des personnages ; ce qui donne lieu à l'expression des pensées et aux discours qu'ils se tiennent ou aux dialogues; puis les accessoires de l'action, le jeu des acteurs et la mise en scène, la décoration ou le spectacle, le chant qui accompagne les paroles : voilà bien
(1) îffitv o5v Tpocytodia. pupwfftff 7rpa£s&>? crrrovScdaç xai rslebxç, (lèyeQoç c%ou(Tîjc, ifàufffAevtt Xcfyu, £&>pW «xâcTw tôv stôâv, év tqZç popiotç £pâ>vT«v,xai où Si ânayyslioLç, Si èXtou xai yoêov 7rip«tvouaa itjv tôv tocoùtwv TraGaptatwv xccôetpacv : ch. VI.