PRÉFACE
En composant ce modeste essai, je me suis proposé non d'écrire une exposition nouvelle du dogme chrétien, mais de mettre en lumière la beauté interne du christianisme. Je désire que le lecteur l'admire sincèrement avec moi ; mais je n'ai pas cherché à le convaincre, bien qu'il me soit peut-être arrivé, à titre d'exception, de faire une courte excursion sur le domaine de l'apologétique.
Malgré l'éléyation du sujet que j'avais à traiter, je me suis efforcé d'être clair, d'éviter les expressions techniques et les formules toutes faites. Mais j'ai tâché d'être suffisamment complet, sans tomber néanmoins dans le genre du traité de théologie, genre qui peut être fort
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bon à sa place, mais qui n'avait rien à faire ici.
L'idée première de ce travail m'a été suggérée par la partie du Génie du Christianisme consacrée aux mystères de notre foi. J'admire comme il convient certaines pages de cet ouvA-age qui a fait époque et qui est d'un initiateur. Mais il faut avouer que, pour une raison ou pour une autre^ l'auteur n'a touché, en traitant des vérités chrétiennes, que la superficie des choses. On ne refait pas un ouvrage comme le Génie du Christianisme, même après qu'il a beaucoup vieilli ; mais chacun reste libre de reprendre quelqu'une des idées que Chateaubriand y a semées et de la traiter à sa guise.
J'ai été encouragé à me mettre au travail par la lecture d'une belle étude théologique du R. P. Lingens, S. J., privat-Docent de théologie dogmatique à l'Université d'Innsbrûck : Die innere Schœnheit des Christenthums (Fribourg en Brisgau, Ilerder, 1895). Son exposition m'a paru
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très forte; très approfondie dans sa brièveté ; les parties en sont solidement liées ; enfin, c'est un livre qui fait honneur à la science théologique de l'auteur. Néanmoins, je lui ai fait peu d'emprunts, parce que j'ai cru devoir adopter une méthode d'exposition assez différente de la sienne, plus analytique et de caractère plus littéraire. Je ne sais si je me suis trompé; mais j'ai pensé que je me ferais lire ainsi plus facilement du public auquel j'adresse cet essai.
Voici le plan que j'ai suivi. J'analyse un à un tous les dogmes du christianisme en faisant ressortir la beauté spéciale que chacun d'eux manifeste, et je m'efforce de présenter une image réelle de la beauté que la pratique de sa morale produit en l'âme du chrétien. Puis, dans une conclusion rapide, je trace un tableau d'ensemble du christianisme au point de vue dogmatique, moral et social, montrant comment la religion chrétienne, en poursuivant le bien, a naturelle-