‹ L'Estoire de GriseldisChapitre 19 sur 52 · I. Vraiment · texte numérisé non relu

I. Vraiment

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de votre promesse et serment :

vous m'avez juré hautement de tenir à dame honorée celle qui, de moi préférée, ma noble espouse deviendrait.

Or donc, chacun de vous soit prêt à ce parfaire, et, de francs zèles, portez avec ces damoiselles la robe d'espouse, humblement.

Cy se départ hors de la salle le marquis avec chevaliers et dames portant les riches habits et joyaux de l'épousée.

LA POVRE GRISELDIS SORT DE LA CHAU- MIERE AVEC SON PÈRE JANICOLA QU ELLE SOUTIENT EN SA POVRETÉ î

GRISELDIS

Mon père, on dit communément que Je marquis notre seigneur, à grant joie et à grant honneur doit aujourd'hui être espousés • volontiers irais, si voulez, avec Jes bergères, pour voir cette dame qu'iJ doit avoir...

après qu'aie ^ fait mon devoir et mes écueJJes Javées,

puis dévidées^ mes fusées et mis notre maison à point.

Ma fîile, il ne me déplaît point,

J- Ve muet se prononce.

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et ta requeste bien m'agrée ; assez as de peine endurée céans au long de la semaine ; tu ne peux pas toujours en peine vivre, sans aucune liesse.

Trop as de part à ma tristesse et à ma grant nécessité ; aujourd'hui bien veut équité que plaisirs te soient ^ donnés.

GRISELDIS

Quérir vais, pour laver vos pieds, au soir, quand vous vous coucherez, une cruche d'eau ici près, avant que m'ajuste et appreste pour, en hâte, aller voir la feste et l'espouse au noble marquis.

Cy sort de la forest le marquis avec sa gent portant là robe et les bijoux de l'espousée, et rencontre Griseldis qui allait à l'eau.

LE MARQUIS

Viens ça, Griseldis, Griseldis, oij est ton père, dis-le moi ?

LA POVRE GRISELDIS (vergogneuse de la présence

son seigneur).

Hé ! très cher sire, par ma foi, il est, ce crois-je, en sa maison.

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