‹ L'Estoire de GriseldisChapitre 29 sur 52 · sa louange · texte numérisé non relu

sa louange

36 GRISELDIS

et aime encore de présent,

bien qu'aujourd'hui sois hautement

en plaisant fortune élevée,

je pense que pas oubliée

n'as l'humblesse et la povreté

où tu as ton enfance esté,

avant d'entrer en seigneurie.

Assez t'ai-je aimée et chérie,

et encor fais-je ; mais ainsi

ne font pas mes barons aussi :

car moult blâment mon mariage

pour vileté de ton lignage,

et s'en vont surtout murmurants

depuis que tu eus deux enfants ;

ils disent — je les ai ouïs — :

(( A grant malheur notre marquis

Gautier trépasser laisserons,

et puis à seigneur nous aurons

le beau fils à Janicola !

Et ce noble pays sera,

de grant dérision objet,

à tel marquis serf et sujet ! »

Or, comme je veux vivre en paix

avec mes féaux ^ désormais,

il faut tes enfants déporter,

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