‹ L'Estoire de GriseldisChapitre 38 sur 52 · COMMENT LE LABOUREUR JANICOLA REÇOIT GRISELDIS · texte numérisé non relu

COMMENT LE LABOUREUR JANICOLA REÇOIT GRISELDIS

Janicola, qui toujours avoit eu la chose doubteuse, ouït la noise de la gent qui s'approche et dit :

Ha! Beau Sire Dieu, quelle noise

est-ce que j'entends dans la plaine?

Ma fille, je crois, on ramène!

Certes, assuré je ne sui

puis les noces jusqu'aujourd'hui

qu'au palais rester elle dust,

fors que tant qu'au marquis il plust.

Pour endurer ce qui les gêne c'est chose trop changeante et vaine que le cœur des jeunes seigneurs !

Moult sont fragiles les bonheurs de ce monde, et par trop muables ; à peine en vois aucuns estables ^ qu'on puisse avoir en foi certaine.

Recebvant sa fille toute d'habits desnuée :

Ha ! Doulce fille, quelle peine !

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