I. déjà
5^ GRISELDIS
le. comte, mon frère, et sa gent fussent reçus moult noblement, un chacun selon sa personne.
Mais, comme je n'ai point matronne m dame aucune en mon hostel qui Je fit si bien et si bel, à mon gré, que tu le feroies, pour ce, veulx-je que tu y soies, non obstant ton petit habit ; car tu connais, sans contredit, mes conditions et mes mœurs, et sais comment on doit seigneurs et dames, céans recevoir.
Tu devras, avant tout, pourvoir à la vierge tant noble et belle que je prends à femme nouvelle, et notre chambre nuptiale parer, comme une humble vassale de celle qu'ores j'aimerai.
GRISELDIS s'agenouille.
Monseigneur, je t'obéirai
de volonté très bonne et lye, tant que sera souffle en ma vie et vouloir en mon esperit.
LE MARQUIS relève Griseldis.
C'est bien, Griseldis, il suffit;
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faites le mieux que vous pourrez.
Cy sort le marquis.
GRISELDIS dirigeant les serviteurs et les exhortant à bien faire.
Avant! Mes amis, laborez à ce que tout soit nettement ordonné, et que noblement recevions l'épouse nouvelle.
Femmes, pour Dieu, qu'il n'y ait celle qui ne mette à oeuvre les mains.
Les tables je mettrai au moins, puis irai les chambres parer et les courtines ordonner de la bienheureuse épousée.
LE CHEVALIER QUINT parlant aux autres chevaliers.
Agardez comme est éplorée
Griseldis de ce maria2:e :
peu d'ire ï en montre en son courage,
et se porte, en son povre habit,
— combien qu'il soit simple et petit —
aussi bien et honnêtement
que si elle fût richement
de robes de soie parée.
Certes, bien dust être honorée,
et non mie être mise arriére.