I. ainsi
62 GRISELDIS
Mais une chose te veux dire, te prier et admonester :
c'est que d'aiguillons molester tu ne veuilles cette espousée ainsi qu'as l'autre aiguillonnée ; car ceste^ est, je n'en doute mie, délicieusement nourrie et plus jeune assez et plus tendre ; pourrait-elle, sans mort attendre, souffrir ce que mon cœur souffrit ?
Comment le marquis reprit Griseldis à grant joie en la reconnaissant pour sa vraye espouse :
LE MARQUIS
O Griseldis, assez suffît!
Ta vraie 3 foi et loyauté,
ta constance et humilité
et l'amour qu'à moi tu as eu,
à l'épreuve je l'ai connu.
Je crois que sous le ciel n'est point
de femme fidèle à ce point ;
ferme et constante t'ai trouvée
et, par faintise, ai esprouvée
ta bonne amour en mariaige.
Pour ce, m'amour, t'embrasserai-je,