‹ L'estomac dans l'intoxication benzoliqueChapitre 26 sur 47 · ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION

a) Des symptômes fonctionnels :

Les gastrites benzoliques aiguës par inhalation ont une évolution essentiellement favorable. Dans tous les cas que nous avons pu suivre, nous avons vu l’évolution se faire vers la guérison dans un délai variable, mais généralement court (quinze jours à un mois environ). Ün facteur est naturellement capital dans cette évolution : c’est la soustraction du malade au toxique. Eloignés de l’atelier et mis au repos, on voit, chez nos malades, au bout de quelques jours leurs symptômes commencer à régresser, puis finir par disparaître totalement. Dans quelques cas (obs. 10), on voit les troubles digestifs réapparaîtrent lors de la reprise du travail. Mais, dans la majorité des cas, il s’agit d’une guérison durable. Dans les cas où les malades n’interrompent pas le travail, les troubles digestifs persistent malgré les traitements institués

(obs. 12). Mais il est aussi des cas où on les voit s’atté-

nuer, sinon disparaître, malgré la continuation du travail (obs. r et 2).

b) Des signes physiques :

Quelques-uns de nos malades seulement ont pu être revus à la gastroscopie. Cette seconde gastroscopie a été pratiquée environ un mois après la première. Elle nous a permis de suivre l'évolution anatomique des lésions.

Chez les malades mis au repos, on note, comme | pour les signes fonctionnels, une nette amélioration de la gastrite : diminution ou disparition de l’œdème (obs. 18), voire même retour complet à l’état normal. Parfois persiste seulement une couleur plus vive de la muqueuse que normalement (obs. 19) Notons que dans l'observation 11,la malade, qui n’avait pas cessé son travail, a présenté simultanément une guérison

clinique et anatomique.

Par contre, chez deux malades (obs. 10 et 12), on

n'a vu aucune modification des signes gastroscopiques ; il est vrai que ces malades avaient, l’une continué à travailler, l’autre repris son travail après un repos de quinze jours seulement, et que, chez elles, les troubles fonctionnels persistaient ou avaient repris.

On voit donc que, parallèlement à la guérison fonctionnelle, s'opère une guérison anatomique. Pour l'une comme pour l’autre, c’est l'arrêt du travail et l'éloignement de l'atmosphère benzolée qui constitue le facteur essentiel, sinon absolu, de cette évolution.

Dans les cas où les malades continuent leur travail,

Dr Are

les lésions anatomiques continuent presque fatalement d'évoluer, sinon, dans toute leur intensité, les troubles fonctionnels.

Au total, on peut donc dire que ces gastrites benzo-

liques ont un pronostic bénin.

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