LBS TRENTE BEAUTES DE MARTIGUES
Ah! toutes ses beautés, si j'en faisais le dénombrement et le compte, vous seriez ici jusqu'à demain. Pour vous faire plaisir, mettons que Martigues soit seulement doté de trente beautés. Le plus joli morceau de la création, qui est la femme, n'en a pas davantage.
Je prouve tout ce que je dis.
La première beauté de mon Martigues, c'est l'Étang de Berre, qui, le matin, blanchit et qui le soir s'azure, quand je regarde de ma maison : l'Etang qui, de ses mille langues vertes, lèche amoureusement le sable des calanques et ronge les rochers où l'on pêche le rouget.
La seconde, c'est l'étang de Garonte, qui le rejoint à la grand'mer. Les tartanes et les autres barques y font gonfler leurs larges voiles aux angelots joufllus.
La troisième, ce sont nos collines nues, qui se gonflent comme mamelles et qu'embaume Larome chaud des thyms, des fenouils, des romarins et des sarriettes.
La quatrième, ses champs de pierres plantés d'oliviers, où vient l'odeur du sel, dans la brise.
La cinquième, cette petite chapelle de la Bonne Mère, si haut perchée, sur laquelle un boulet anglais est venu s'aplatir, — qui sait quand ? — et que les ex-voto des pauvres gens étoilent comme des fleurs d'am.our.
La sixième, nous avons le mistral pour balayeur nmnicipal.
La sîeisenco, avèn loa mistraii pèr escoubaire municipau.
Lasetenco, avèn per poaciéu la grando mar.
La vuechenco^ lou Sant-Crlst ques à Vintrado d'un canau e que, lou sèr^ un lume rouginèu ensaunousis si cambo routo.
La nôuvenco, lis grandis arribado de caïque, driver, a cop de remo, plen d'orne endeniounia, que si sauto-en-barco regoulon de pluejo e d'aigo de mar.
La desenco, li vàsti gorbo ounte boulego lou hèu épis coume d'argent vie'u : qu pou dire quant nia de bouï-ahaisso, aqui dedins !
La voungenco, li nioulounas de sau^ i salino, quespèron lou chaland^ — emc li douanié, fasènt un pau mens que d'espera, li feniantas!
La dougenco, lou cop d'alo di gabian que rego lou cèu.
La tregenco, li cabriolo di muge en foro de la mar, tre que sènton lou gran.
La quatourgenco bèuta, es lou /lame parisen di vagoun de noste camin de fèrri, — ço que [ai vèire uno fes de mai qu'au nostre degun fai sa part.
La quingencOy es, pèr Nouvè, languielo que se manjo entre dos candèlo.