‹ L'État Actuel de la Question du LuxembourgChapitre 38 sur 45 · IV. — LA viTicuLTuRE · texte numérisé non relu

IV. — LA viTicuLTuRE

La situation de la viticulture est rendue assez délicate par la dénonciation des conventions douanières avec l'Allemagne. Le vignoble luxembourgeois est particulièrement exposé aux vicissitudes atmosphériques et aux parasites. Les capitaux engagés

sur une superficie totale de 1.560 hectares, très morcelés,

s'élèvent à 30 millions de francs et la production annuelle à 3 millions 1/2 de francs. Pour les trois quarts c'est un « grächen », vin blanc acide et dur qui n’est guère apprécié que dans le pays. Il s'écoulait surtout en Allemagne où il était utilisé pour le coupage des vins de la Sarre et du Rhin et pour, la fabrication du champagne allemand appelé « sekt ».

À défaut de ce débouché, le Grächen ne pourra s’écouler, ni en Belgique, qui consomme surtout de la bière, ou quand elle consomme du vin veut des crus généreux, ni en France qui a déjà une surproduction des vins de qualité supérieure,

Le seul moyen de sauvegarder les intérêts viticoles du Luxembourg serait de développer, dans le pays même, l’industrie du coupage. Maïs 1l n'existe actuellement aucune installation — car c'est en Allemagne que se faisait cette opération — et les législations françaises et belges interdisent le procédé de la gallisation (addition d’eau sucrée) indispensable pour enlever au grächen son acidité. à

Qu’elle s'oriente vers la France ou vers la Belgique, la viticulture du Grand-Duché est donc menacée d’une crise, qu'un traitement de faveur pourrait seul conjurer.

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