‹ L'État Du Sang Dans La DiphtérieChapitre 46 sur 46 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

10 Le taux de l’urée sanguine est augmenté de façon presque constante dans les formes sévères ou malignes de la diphtérie.

Il existe souvent une hyperazotémie légère dans les

formes moyennes ou bénignes.

20 L’hyperazotémie des diphtéries malignes peut être due : |

Soit à la désassimilation intense avec désintégration tissulaire, cette cause est la plus fréquente.

Soit à une néphrite aiguë, qui dans certains cas, se termine par l’anurie et la mort, mais qui peut aussi guérir complètement.

Dans la diphtérie, la néphrite azotémique est tou— jours pure, elle se manifeste par un minimum de symptômes parmi lesquels dominent les troubles nerveux et digestifs.

Comme pour toute néphrite aiguë, le pronostic de la néphrite diphtérique ne peut se faire sur le seul chiffre de l’urée sanguine.

L'hyperazotémie des angines bénignes est due à une néphrite aiguë, légère et transitoire.

30 L'hypochlorémie est fréquente au cours de la diphtérie, à peine appréciable dans les formes bénignes, elle semble plus importante dans les formes malignes.

Les taux d’urée et de chlore du sang évoluent sou-

vent en sens inverse.

4° L’hypocholestérinémie est très fréquente au début et à la période d'état de la diphtérie ; au contraire, dès la convalescence, il y a une hypercholestéri-

némie passagère qui précède le retour à la normale.

5° L’hypoglycémie est la règle dans les diphtéries malignes, elle, se rencontre aussi fréquemment au cours de diphtéries bénignes, son importance est très variable et ne peut permettre d'établir un pronostic.

L’abaissement du taux du glucose qui, chez la plupart des malades est une découverte de laboratoire, peut dans certains cas exceptionnels se traduire par un ensemble symptomatique consistant en pâleur, vertiges, angoisse, parfois syncope. Ces symptômes s’améliorent à la suite d’injections de sérum glucosé.

60 Il ne nous a pas paru y avoir de parallélisme entre l’évolution de la glycémie et celle de la cholestérinémie et dans les cas où nous avons constaté l’abaissement simultané des taux intra-sanguins de ces deux corps, l'insuffisance surrénale ne semblait pas devoir être mise en cause de façon constante.

7° Le nombre des globules rouges est ordinaire ment peu modifié au début où à la période d'état de la diphtérie ; l'hypoglobuülie apparaît à la convalescence.

Au contraire, la richesse en hémoglobine est plus ou moins diminuée dès la période d'état de la diphtérie, entraînant un abaissement de la valeur globulaire. Il ne semble y avoir aucun rapport entre là gravité de la diphtérie et l’intensité de l’anémie.

8 Le nombre des leucocytes est très variable au cours de la diphtérie, néanmoins, les fortes leucocytoses dépassant 20,000 comportent toujours un pronostic grave. Parfois la leucocytose est normale dans les formes à évolution fatale. Il n’ÿ a aucun rapport entre le nombre des globules rouges et celui des globules blancs. La polynucléose est la règle à la période d'état de la maladie; une légère éosinophilie apparaît à la convalescence.

9° Le temps de saignement est peu ou pas modifié, non seulement dans les diphtéries bénignes, mais encore dans les formes malignes ordinaires. Aü contraire, dans les formes qui s’accompagnent d’un syndrome hémorragique avec purpura et hémorragies profuses, il y a prolongation du temps de saignement.

Il n’existe pas de modifications du temps de coagu-

lation.

10° La vitesse de sédimentation globulaire est toujours accélérée au début ou à la période d’état de la

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diphtérie; et l’importance de cette accélération est dans la majorité des cas en rapport inverse de la sévérité du pronostic. En effet, dans presque toutes les formes à évolution favorable, qu'elles soient malignes ou bénignes, l'accélération de la vitesse de sédimen— tation est considérable, dépassant ordinairement ho mm. à l’heure. |

Au contraire, dans les formes malignes à évolution fatale, la vitesse de chute globulaire est relativement modérée, et dans la majorité des cas, n’atteint pas 30 mm. à l’heure. Et cela, qu’il s’agisse d’une diphtérie maligne d'emblée ou d’un syndrome secondaire dont on peut ainsi prévoir l'apparition par l’étude de la vitesse de sédimentation.

Vu : le Président de thèse,

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