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OPPOSITION DE L'ÉTAT DÉMOCRATIQUE ET DE LA NATION

Il ne faut pas être très perspicace pour prévoir que le gouvernement dit des gauches sera rapidement en opposition avec la nation. En effet, l'intérêt national exige :

Des économies ;

Une consolidation de la dette flottante ;

L'achèvement des réparations ;

Des paiements allemands ;

Le renforcement des mesures de sécurité prises en Rhénanle ;

L'augmentation de la production française.

Or les gauches ont été élues sur les promesses qu'elles ont faites : |

D'augmenter les traitements des fonctionnaires sans dimi- | nuer le nombre des titulaires ;

D'augmenter les pensions ;

De diminuer les impôts ;

De s'entendre avec l'Allemagne ;

De diminuer l’eflort militaire ;

D'évacuer la Rubr ; |

De faire l'impôt sur le capital. {

Il suffit de présenter ce résumé des nécessités nationales | et du programme des gauches pour montrer l'opposition iné-

vitable entre le gouvernement de demain et la nation.

Premièrement, le programme des Gauches est en contradic tion absolue avec le programme des économies indispensables. La première application de ce programme, en ce qui touche l'augmentation des traitements et des pensions, aura pour résultat automatique la démolition de la Trésorerie française, que M. Poincaré avait remise en ordre, avec le con cours de M. François-Marsal et de M. Robineau. La const: quence non moins automatique sera une baisse du franc, qui agoravera la situation de la résorerie. À ce moment-là, toute la machine française sera détraquée : il faudra ou recourir aux nouveaux impôts, ce qui est contraire au programme des gauches, ou emprunter (et le pays s'y refusera), ou fabniquer du billet de banque. C'est la fabrication du billet de banque qui l’emportera, parce que c'est le moyen le plus facile, et celui que l'on peut appliquer en vingt-quatie heures. Alors, devant la crise qui s'ouvrira, l'impopularité de M. Poincaré ne sera rien du tout auprès de celle que connai: tra le gouvernement du moment, qui aura contre lui non seulement les électeurs du Bloc national, mais la plis grande partie des siens.

Et ceci est inévitable. Si les gauches veulent éviter cette crise, elles seront dans l'obligation de ne pas appliquer Jeu programme. Mais alors elles tomberont devant l'hostilité de leurs électeurs. Et si elles l'appliquent, elles tombent également devant l'hostilité générale.

Elles pourront crier et faire crier que la baisse du franc sera due aux curés ou aux financiers. On ne les croira Pa plus que lorsque M. de Lasteyrie faisait publier qu il était la victime de la spéculation. :

Alors, ce sera le très grand gâchis, d’ailleurs préve par M. Herriot, qui ne paraît pas très désireux de porter dans l'histoire le nom d'organisateur de ce gâchis.

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