L'AVENIR
Nous disons : première bataille. Car la lutte n'est pas finie. Elle commence. Au déjeuner qu'il a offert aux organisateurs de la € Semaine », M. François-Marsal a exposé, avec une clarté admirable, les raisons qui permettront aux inflationnistes de continuer leur campagne. Le bilan de la France est excellent, disait M. François-Marsal, mais la Trésorerie est lamentable : avec des recettes de 22 milliards, :] faut faire face à 48 milliards de dépenses. Les inflationnistes ont beau jeu pour proposer leur morphine. Il nous faut veiller et être prêts à employer tous les moyens pour empêcher l'inflation. M. Raphaël-Georges Lévy a demandé aux assistants de prendre l'engagement de s'opposer à l'inflation par tous les moyens. On n’a pas prêté serment, c'était superflu : il y avait là un faisceau de volontés irréductibles.
Nous avons donc un très grand effort à faire contre l'inflation qui demeure menaçante. Cette première bataille gagnée n'est pour nous que l'avertissement d'avoir à doubler notre effort. Ne regagnons pas nos cantonnements : installons-nous sur nos positions.
L'année 1923 sera une année de luttes incessantes. Nous demandons donc aux Français de développer, avec la plus grande intensité, la campagne que nous menons depuis plusieurs années. Il faudra porter la vérité à tous :
Aux rentiers, que l'inflation ruine purement et simplement ;
Aux industriels et aux commerçants, dont les créances sont volatilisées par l'inflation ;
Aux ouvriers, dont les salaires sont réduits par l'nfla-
tion.
Propagande ! Propagande ! jusqu'au jour où l'action sera nécessaire. Coalisez toutes les forces du pays contre l'inflation, mère de la vie chère.
Et, de deux choses l’une :
Ou nous empêcherons l'inflation ;
Ou nous en annulerons les effets.
Nous en avons les moyens. Préparons-nous à les employer.