ROLE DES IDRES FIXES DANS LES ACCIDENTS HYSTERIQUES
tares pass;i^('res tlos jambes surtout en adduction, astasie-abasie vraiment surprenantf qui depuis phis de cinq ans a rendu la marche tout à (ait impossible, etc. Nous apprenons une triste aventure survenue à cette jeune fille : vivant seule avec son père, à l'àge de 18 ans, elle est devenue à l'insu de tous la maîtresse de ce dernier. Les relations qui ont duré un an, ont cessé depuis six ans, mais la lualadf* est restée obsédée par ce souvenii-, et les accidents hystériques ont commencé peu après. Quel rap[)ort v a-t-il entre le souvenir des relations avec son père, les émotions déterminées par ce souvenir et 1 astasie-abasie? Autre exemple : voici une femme de 27 ans qui est couchée depuis huit mois sans pouvoir bouger à cause d'une violente douleur dans le ventre. C'est une ovarie si l'on veut, avec hyperesthésie de la paroi abdominale, vaginisme, contracture des jambes en adduction. H a fallu la chloroformer pour prati(jucr l'examen vaginal (|ui n'a révélé aucune lésion apparente. A-telle donc une idée fixe relativement à son ovaire? En aucune façon. Son idée fixe qui est réelle, c'est la pensée d'un ancien amant qui lui a proposé il y a huit mois de ([uitter son mari et son enfant et de reprendre avec lui la vie commune. Mais f[uel est le rapport entre cette idée fixe et son ovaire qui la tient au lit depuis huit mois ?
Pour le comprendre il faut savoir qu'une idée n'est pas dans l'esprit une chose simple et inerte, c'est tout un système d'images et de tendances qui se développent et se transforment sans cesse. Autour de l'idée fixe primitive se développent quelquefois par raisonnement, le plus souvent par association, une foule d'idées secondaires, de rêves, d'émotions qui ont à leur tour des c(mséquences et des manifestations très compliquées, et nous ne pouvons pas toujours rétablir complètement la suite et le lien de tous ces phénomènes.
La jeune fille dont nous parlions a eu d'abord l'idée fixe et la terreur de la grossesse, de là probablement un état émotif permanent ({ui a déterminé les troubles viscéraux. Les craintes et les remords ont amené des idées de suicide qui ont déterminé à leur tour le refus des aliments, l'anorexie, de nouvelles anesthésics viscérales et même les troubles de déglutition qu'un médecin avait pris pour les symptômes d'une lésion bulbaire. L'idée de la grossesse d'une part, l'excitation génitale de l'autre, une hallucination étrange du sens tactile et du sens génital que nous ne pouvons décrire et qui se développait au moindre mouvement des
CiS LE TRAITEMENT PSYCHOUKiKjL !■ DE L IIYSTF.HIE
jambes ont reiulu la marche de plus en plus clillicile. L'idée obsédante que sa démarche singulière Taisait tout découvrir s'ajoute aux premières et l'astasie-abasie devient complète pendant ciiit| ans. — La femme atteinte d'ovarie est avant tout une aboulique qui uose pas et ne peut pas prendre une décision. l'Ile aime trop son mari et son enfant pour les quitter, elle aime trop son amant pour renoncer à lui ; aussi a-t-elle remis sa décision jusqu'au moment où elle serait bien guérie d'une petite indisposition. Mais elle a reculé sa décision indéfiniment, elle redoute cette guérison de peur d'avoir à répondre décidément à la proposition de son amant, et depuis huit mois elle reste couchée et soufï're de plus en plus. Ajoutez la contracture des adducteurs, des « custodes», si fréquente chez les iemmes qui ont des préoccupations génitales et l'on saisit quelques-uns des termes intermédiaires qui ont conduit les malades aux accidents qu elles présentent actuellement.
Il faut donc bien savoir que l'hystérique a rarement dans l'esprit l'idée fixe de son svmptôme ; elle ne pense pas à avoir une attaque, ou à garder la bouche de travers. Il n'en est ainsi que dans quelques cas particulièrement simples. L'idée fixe qu'elle a dans l'esprit est en apparence étrangère au symptôme et ne le détermine que par l'intermédiaire de toute une série de conséquences morales et physiques.
C'est ce qui m'avait amené à distinguer dans l'hystérie des idées f .tes primaires, ou des états émotif s primaires origine véritable de la maladie, quoique souvent sans rapport apparent avec elle et des idées fixes ou des états émotifs secondaires qui amènent successivement une foule d'accidents variés. Ces idées Kxes secondaires se compliquent de plus en plus, d'abord parce que d'autres pensées s'associent avec la, première et ensuite parce que l'esprit affaibli par la première idée fixe devient de plus en plus suggestible et acquiert une collection de nouvelles idées fixes à propos du plus petit incident.
De là vient également la grande différence que j'ai souvent fait remarquer entre l'hystérie récente et l'hystérie ancienne. La première est simple, l'idée fixe ordinairement unique est bien en rapport à la fois avec l'événement initial et avec le symptôme. Dans la seconde au contraire, tout est très compliqué, et le médecin qui veut pénétrer le mécanisme psychologique des accidents est tout surpris de découvrir un long roman de plus en plus