Sollicr, op. cit., p. 7g
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complet, elle ne motiilio pas l'acquisition îles souvenirs présents : c'est toujt)urs une amnésie localisée.
Très souvent ces amnésies localisées peuvent être beaucoup moins iinj)()i'tantes. beaucoup j>bis courtes surtout. l'.Ues portent, par exemple, sur certaines actions qui ont semblé évidemment être accomplies d'une manière anormale. Certains rêves de la nuit pendant lesquels la malade s'est agitée et a parlé beaucoup, certains délires qui accompagnent l'attaque, certains états anormaux qui suivent quelquefois l'attaque semblent ne laisser aucune trace dans la mémoire. Ces faits sont bien connus, je préfère insister sur d'autres amnésies qui poitent sur des périodes en apparence normales. 11 est juste de citer h ce propos quelques lignes d un livre déjii ancien mais très curieux, celui du D"" Despine (d'Aix). Il contient, à mon avis, l'une des premières et des plus remarquables descriptions de l'état mental d'une hystérique : « Quelquefois, dit-il en parlant de sa malade, il y avait un état moral tout particulier observé par la mère d Estelle et dont elle n'avait pu se rendre compte encore. Il lui arrivait souvent de faire ou d'entendre une lecture qui semblait lavoir vivement intéressée et, peu d'instants après, l'enfant ne paraissait pas en conserver le moindre souvenir ! On la portait à la promenade (elle était paraplégique), elle voyait tout ce qui se passait autour d'elle, y prenait intérêt, en causait, etc., et, au retour, souvent elle semblait avoir tout oublié, ou bien s'il en restait quelques traces, elles n'étaient que fugitives et comme un rêve qui s'enfuvait'. » Que de fois nous avons vérifié cette observation de Despine ; combien de malades qui paraissent attachées à une lecture ou à un travail et qui sont incapables, si on les interroge quelques moments après, de nous dire ce qu'elles viennent de faire. « Ce sont des états seconds atténués, disait M. Sollier, qui a aussi remarqué les mêmes faits". » Ce caractère me paraît très important ; il faut conserver la pensée que, d'une façon générale et naturelle, l'hvstéricjue est très disposée aux amnésies localisées. Cela explique, à mon avis, bien des ()héiiomènes que l'on produit sur elles artificiellement et qui ne sont qu'une application parti- •culière de cette prédisposition constante.
1. Despine (d'Aix). — De l'emploi du rnufjru'tisme nnbnal dans le traitement des maladies nerveuses, i8'|0, p. li.