‹ L'Etat moderne et ses fonctions (volume 2)Chapitre 5 sur 81 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

^ J3e Ja peinture nous faisons de 1 Etat mt^derne,

doit-on conclure qu'il convienne de le détruire et de le remplacer, soit par l'Elat bureaucratique dont la Prusse nous offre Texemple, soit, ce qui s'en rapproche, par de grandes monarchies administratives, comme celle de notre ancienne France ? Ce n'est aucunement là notre conclusion. Il pourrait être douteux que, en se plaçant à un point de vue d'ensemble, on gagnât à ce changement, et, d'ailleurs, le choixn'estpas à notre disposition.

Ce qui ressort de noire étude, c'est simplement que les hommes éclairés doivent s'efforcer de contenir

l'auibition de l'Etat moderne, ne pas lui permettr-e de s'adjuger, aux dépens de Tactivité privée et des groupements libres, de nouvelles sphères d'action pour lesquelles il n'a aucune vocation réelle.

Quand môme l'Etat concret se rapprocherait, par ses qualités propres, de l'État abstrait des philosophes, il faudrait, pour maintenir la plasticité sociale et la spontanéité individuelle, lulter contre ses empiétements. A combien plus forte raison ne faut-il pas le faire quand, outre les souvenirs de l'antiquité et du Moyen-àge, la récente expérience continue, aujourd'hui séculaire, démontre chez tous les peuples, combien peu ri:.tat concret, représenté par des hommes sortis de 1 élection, ressemble à l'État abstrait, objet de tant d'encens et d'une dévotion si crédule!

Montplaisir, par Lodève, le 25 novembre 1899.

Paul Leroy-Beaulieu.

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