CHAPITRE III
COMPARAISON DE l'ÉTAT MODERNE ET DES SOCIETES ANONYMES.
Alî 'iT atioii que le§ vices de l'État moderne sont aussi ceux des sociétés
TABLE DES MATIÈRES
anonymes qui aujourd'hui accaparent la production, page 77. — Première réponse à cette proposition : les entreprises personnelles et les sociétés en nom collectif ou en commandite tiennent une grande place dans l'organisation contemporaine, page 78.
Les sociétés anonymes diffèrent singulièrement, par leur constitution, de rÉtat moderne : ce ne sont pas des démocraties à personnel variable ; le suffrage y est censitaire. Les sociétés anonymes prospères se transforment en aristocraties ou en monarchies tempérées, page 78. — La permanence des personnes et des traditions est la règle habituelle des sociétés anonymes, page 79. — Droit et facilité de sécession pour les mécontents, page 79.
La bureaucratie des sociétés anonymes est plus souple et plus efficace que celle de l'État, page 80. — L'État moderne se place rarement, pour le choix de ses fonctionnaires, au seul point de vue technique, page SI. — L'État moderne a la prétention que le fonctionnaire lui appartienne tout entier, aussi bien ses opinions politiques que son intelligence, page 81. — Plénitude de liberté, en dehors de la sphère professionnelle, laissée aux employés des sociétés anonymes, page 82. — A la longue, le personnel de fonctionnaires de l'État moderne doit être inférieur à celui des sociétés anonymes bien conduites, paçe 82.
Elasticité des sociétés anonymes prouvée par la pratique des temps de crise; l'organisme de l'État ne se prête pas aux mêmes économies soudaines, page 83. — Différence de situation d'une assemblée générale d'actionnaires et d'un parlement électif relativement aux employés et aux frais généraux d'administration, page 83. — Le népotisme des sociétés anonymes est moins dangereux que celui de l'État moderne, parce que les hautes fonctions sont plus permanentes dans les premières, page 84.
Toute entreprise privée qui se relâche est bientôt compromise ou éliminée : la réduction des dividendes ou la baisse des cours à la bourse est un avertissement bien plus efficace pour les actionnaires qu'un simple déficit budgétaire pour le Parlement, page 85.
Les conséquences des erreurs des sociétés anonymes ne portent que sur ceux qui, au moins par négligence, s'y sont associés; les conséquences des erreurs de l'État portent même sur ceux qui les ont dénoncées et combattues, page 85. — Les erreurs de l'État sont <les erreurs totales, celles des sociétés anonymes sont presque toujours partielles, page 86.
Règles générales qui résultent de ces considérations, page 87.
La responsabilité de l'État pour les fautes de ses agents est toujours plus difficile à mettre enjeu que celle des sociétés anonymes : exemples, page 87. — La nécessité de cultiver les habitudes d'action collective libre, pour maintenir la souplesse du corps social, ne doit jamais être perdue de vue, page 89.
Mode insidieux d'influence dont jouit TÉtat : Texemple, page 89. — ResponsabiUté énorme qu'endosse l'État de ce chef, page 90. — Obligé tl'agir toujours en grand, l'État multiplie les erreurs qui sont si fréquentes dans les essais humains, page 91 7G
TADLE DES iMATIÈRES.