‹ L'État moderne et ses fonctions (volume 5)Chapitre 26 sur 89 · SEBVICK DE CONSERVATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SEBVICK DE CONSERVATION GÉNÉRALE

parlerai en ce moment que des premières, qui sont moins sujeltes à conlestalion.

Elles consistent d'abord, autant que l'homine y peut réussir, dans le maintien ou l'amélioration du climat, dans la conservation du territoire cultivable, dans la protection des richesses naturelles qui ne se reproduisent pas. Pour l'accomplissement de cette tâche multiple, qui est l'une de celles que te passé a le plus négligées, l'Etat doit lulter tantôt contre certaines forces naturelles qui ne se laissent pas aisément contrôler, tantôt contre la cupidité ou l'imprévoyance des générations actuelles.

Maintenir intact le sol contre les fléaux de la nature qui sans cesse le menacent, c'est-à-dire, dans des contrées comme l'Europe, protéger le littoral contre les envahbscments de la mer, les terres intérieures contre les inondations et les ravages des cours d'eau, préserver le pays de la sécheresse par la conservation des forêts, voilà des tAches qui n'incombent pas à l'Etat seul, mais pour lesquelles il a qualité. 11 peut élre aidé par les particuliers et les associations; il ne doit pas se résigner, toutefois, à l'abstention.

La Hollande a fait des merveilles dans sa lutte contre la mer. Tous les éléments de la nation y ont contribué : M. de Laveleye, grand partisan en général de l'intrusion de l'Élat, a exposé, dans son ouvrage sur VAgriculture belge, toutes les conquêtes agricoles que des particuliers entreprenants ont faites sur les flots dans les Flandres et en Néerlande: ces riches terres que l'on appelle àespolders sont des triomphes de l'industrie privée; mais il avait fallu auparavant que soit des syndicats libres de propriétaires de tout un district, soit plus généralement des communes ou des provinces, construisissent des digues et lissent les ouvrages principaux. Le ministère des eaux est l'un des premiers départements ministériels de la Hollande.

IS2 L'ËTAT MODERNE ET SES PONCTIONS.

Le pro&t actuel ou prochain n'est pas toujours sursaut pourpousser les particuliers à l'action en cesmalières; puis, l'œuvre, pour être efllcace, doit souvent s'étendre sur une surface considérable ; il Taut parfois l'entente et le concours, non seulement d'un grand nombre d'habitants d'un district, mais de tous ou presque tous les détenteurs du sot dans ce district. Quand cette entente vient à manquer, l'intervention de l'Ëtat, soit sous la forme mitigée, soit sous la forme absolue, est justifiée. La France peut se vanter de quelques beaux travaux dans ce genre. L'inspecteur général des ponts-et- chaussées Brémontier trouva, vers la fin du xviu* siècle, 1q moyen de flxer les dunes du golfe de Gascogne entre la Gironde et l'Adour et les couvrit de fort belles forêts de pins, préservant ainsi les villages et les terres cultivées. Dans le courant de ce siècle un autre ingénieur du même corps, M. Cbambrelent, sut faciliter l'écoulement des eaux dans les Landes, assainir le pays par de nouvelles plantations, de sorte que des terrains ont été gagnés sur des m.irécages et sont devenus productifs pour la nation. On peut citer quelques autres exemples soit d'études théoriques, soit de travaux pratiques entrepris par des fonctionnaires de l'État pour des œuvres de conservation générale. Un ingénieur public, M. Surrel, a publié notamment un fort beau livre sur les torrents et a demandé le reboisement des Alpes. Son appel a amené le gouvernement à faire voter des lois et à prendre des mesures, incomplètes encore, pour reboiser les montagnes et régulariser les eaux.

On peut dire que la politique hydraulique est chez les peuples de l'Europe encore en enfance. Les cours d'eau doiventètre régularisés, endigués ;jusqu'ici, on les a considérés principalement au point de vue de la circulation des marchandises. Il y a un autre intérêt, celui des irrigations, celui de la régularisation du débit, de la création de réservoirs el

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