‹ L'été de la Saint-Martin (volume 2)Chapitre 13 sur 92 · SCÈNE VIII Les Mêmes, ADRIENNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII Les Mêmes, ADRIENNE

Adrienne. — J'apporte les fraises, mais il faudra un peu

S attendre. {Elle dépose son panier de fraises sur la petite

table de droite ; elle ôte son chapeau de paille, puis, après

avoir un peu relevé ses manches, elle se met à éplucher ses

fraises et à les arranger sur une assiette, sans avoir Pair de

prendre garde à Briqueville et à Noël. )

10 Noël. — Elle entra ... et dès qu'elle eut paru, je sentis

naître dans mon âme une inquiétude, un désir constant,

irrésistible de la voir, de l'entendre, de me trouver auprès

d'elle, de lui parler, de me rendre agréable à ses yeux,

de

15 Briqueville. — Tudieu, quel coup de foudre ! . . . Noël. — Elle était si jolie.

Briqueville, bas e?i montrant Adrienne. — Tu vas me faire croire peut-être qu'elle était mieux que. . . .

Noël, regardant Adrienne; un temps. — Mieux, non. . . . 20 Je ne veux pas mentir . . . elle n'était pas mieux. . . .

Briqueville. — Ni même aussi bien, j'en suis sûr ? . . . Noël. — Ah ! si, par exemple, elle était tout aussi bien, je vous assure. {Briqueville, sans prêter aucune attention aux paroles de Noël, continue à regarder Adrienne qui con- -5 tinue à arranger ses fraises.) Elle a un sourire, voyez-vous, mon oncle, un sourire tout rempli de malice et en même temps tout rempli de bonté. . . . C'est très rare cela. . . . Je défierais l'homme le plus insensible de voir ce sourire, et

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