SCÈNE XI BRIQUEVILLE, MADAME LEBRETON
Briqueville. — ne se co?itenant plus. — Venez un peu ici, vous . . . qu'est-ce que vous avez dit ? . . .
Madame Lebreton. — Monsieur ! . . . .
Briqueville. — Qu'est-ce que vous avez dit ? . . .
Madame Lebreton. — Que ma nièce allait partir ... 5
Briqueville. — Et pourquoi partir ? . . . pourquoi ?
Madame Lebreton. — Mais parce que . . . cette famille américaine avec laquelle Adrienne est venue en France . . . vous savez ... eh bien . . . cette famille est sur le point de retourner dans son pays . . . alors ma nièce est bien obli- 10 gée ... si elle tient à conserver sa place ... il y a quinze jours déjà qu'elle est ici . . . elle n'eût sans doute pas demandé mieux que d'y rester plus longtemps, mais c'est impossible . . . puisque cette famille américaine . . .
Briqueville. — Elle s'en va comme cela, sans me dire un 15 mot. . .
Madame Lebreton. — Oh! que non, monsieur, e!le m'a dit qu'elle viendrait tout à l'heure vous adresser ses adieux . . .
Briqueville, éperdu, presque fou. — Je n'ai que faire de 20 ses adieux ! elle ne partira pas !
Madame Lebreton, effrayée. — Monsieur. . . .
Briqueville. — Elle ne partira pas, je vous dis, parce que je ne veux pas qu'elle parte, parce que je le défends ! . . .
Madame Lebreton. — Monsieur ... au nom du ciel ... 25 qu'est-ce que vous avez ?
Briqueville. — Ce que j'ai ?
Madame Lebreton. — Oui . . .
Briqueville, parvenant à se calmer. — Ce n'est rien . . .
je vous demande pardon . . . votre nièce doit partir . . . c'est bien, elle partira. {Il descend à gauche.) Madame Lebreton. — Mais ?
Briqueville, à part. — Le diable m'emporte, qu'est-ce
5 qui vient donc de m'arriver, à moi? (En souriant.) Ah! femmes ! femmes ! on a beau avoir des cheveux blancs . . . on a beau croire . . . qu'on est vieux . . . qu'on a fini ... il suffit de la première fillette . . . (Se mettant la main sur la poitrine.) Je prenais cela pour de l'affection, moi, et pas
io du tout . . . c'était bel et bien en train de devenir . . . Voyez un peu, si seulement cette petite était restée ici huit jours de plus . . . heureusement elle va s'en aller . . . qu'elle parte, madame Lebreton, qu'elle parte ; je ne m'oppose pas du tout à son départ ! (Entre Adrienne par le fond.)