‹ L'été de la Saint-Martin (volume 2)Chapitre 8 sur 92 · SCÈNE V BRIQUEVILLE, ADRIENNE, MADAME LEBRETON · texte numérisé non relu

SCÈNE V BRIQUEVILLE, ADRIENNE, MADAME LEBRETON

Madame Lebreton. — Monsieur ... ï ç

Briqueville. — Hein? quoi . . . qu'est-ce que c'est?

Madame Lebreton. — Il y a là quelqu'un . . .

Briqueville. — Qui ça quelqu'un . . .

Madame Lebreton. — Quelqu'un qui arrive de Paris. . . .

Briqueville. — De Paris? ... 20

Madame Lebreton. — Oui, monsieur . . .

Briqueville. — A qui en avez-vous avec ces airs mystérieux? . . . voyons, parlez ... il a un nom ce quelqu'un?

Madame Lebreton. — Certainement il a un nom, mais . . .

Briqueville, se levant. — J'aime à croire que ce n'est 25 pas? . . .

Madame Lebreton. — Eh bien si, justement c'est . . .

Briqueville. — Noël! . . .

Madame Lebreton. — Oui, monsieur; c'est monsieur Noël, votre neveu; il est là . . .

Briqueville. — Il est là? . . .

Madame Lebreton. — Oui, et il attend. . . . S Briqueville, allant à madame Lebreton. — Eh bien, diteslui de ne pas attendre davantage et de s'en retourner par le premier train. Dites-lui cela de ma part, et faites en sorte que l'on ne me dérange plus. (// retourne vers son fauteuil e?i passant derrière la chaise d' 'Adrienne. Madame 10 Lebreton reste au fond près de la porte. A Adriemie.) Reprenons. Voulez-vous?

Adrienne. — Non; vous seriez maintenant incapable d'écouter, et je serais, moi, incapable de lire. . . . Briqueville. — Ah !

15 Adrienne, fermant le livre. — Tout à fait incapable. . . . ( Elle se lève. )

Briqueville. — Qu'est-ce que cela veut dire?. . . vous prenez son parti contre moi. . . .

Adrienne, desce?idant en scène. — Pas du tout . . . pas du 20 tout ... je ne prends pas du tout ... je vous demande pardon, je sens bien que je n'aurais dû rien dire . . . mais, en vous entendant chasser ainsi, avec des paroles si dures, un neveu, votre seul parent, que vous avouez vous-même avoir si tendrement aimé, il ne doit pas vous paraître extraordi- 25 naire que, malgré moi . . . Encore une fois, monsieur, je vous demande pardon, je vous demande bien pardon . . .

Briqueville, venant à Adrienne. — A quoi bon le recevoir, puisque je suis décidé à ne pas faire ce qu'il vient me demander? ... il ne me poursuivrait pas de la sorte, s'il 30 savait combien cela est inutile. {Madame Lebreton, pendant ces répliques, passe à gauche et ra s'appuyer sur le dossier du fauteuil de Briqueville.)

ADRIENNE. — Il a tort, mais peut-être croit-il avoir à vous donner des raisons qui pourraient . . .

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