‹ L'été de la Saint-Martin (volume 3)Chapitre 12 sur 92 · SCÈNE VII NOËL, BRIQUEVILLE, puis MADAME LEBRETON · texte numérisé non relu

SCÈNE VII NOËL, BRIQUEVILLE, puis MADAME LEBRETON

Briqueville. — Eh bien, monsieur? ... 5

Noël. — Eh bien, . . . mon oncle, il s'agit de cette chasse . . .

Briqueville. — Hein ?

Noël. — Il s'agit de cette chasse que nous avons louée tous les deux. . . .

Briqueville. — Ah! c'est de cela qu'il s'agit? 10

Noël. — Oui, j'ai reçu les réclamations des voisins pour les dégâts . . . vous savez, ils ont la mauvaise habitude de réclamer, les voisins ...

Briqueville. — Eh bien, il faut payer. . . .

Noël. — Certainement, il faut payer, mais c'est que, cette 15 année, les réclamations m'ont paru un peu exagérées; d'ordinaire nous en étions quittes pour deux ou trois mille francs; cette fois-ci on nous en réclame quatorze mille.

Briqueville. — Eh bien, il faut vérifier.

Noël. — Certainement, il faut — 20

{Entre par la gauche madame Lebreton avec un domestique portant le déjeuner; il y a sur le plateau une bouteille de vin couchée dans un petit panier; le domestique dépose le plateau sur la table et sort immédiatement par la gauche.}

Madame Lebreton. — Voici votre déjeuner, monsieur 25 Noël. {Elle arrange l'assiette, le verre, la bouteille, etc.} Là ... et quant au dessert vous en aurez, j'ai dit à ma nièce que vous aimiez les fraises; elle est allée, elle-même, vous

en cueillir dans le jardin. . . . {Noël est allé déposer son chapeau sur une chaise au fond à droite.}

Briqueville, inquiet — Dans le jardin, en plein soleil! ... au risque d'attraper . . .

5 Noël, également inquiet. — Elle a eu tort.

Madame Lebreton. — N'ayez pas peur, elle s'est mis sur la tête un grand chapeau de paille ... un grand, grand chapeau . . .

Briqueville et Noël, se rapprochant en même temps de 10 la table. {Ensemble.} A la bonne heure.

(77 se trouvent nez à nez, chacun d'un côté de la table. Moment de silence. Noël s'assied à la table. Madame Lebreton, avec des précautions infinies, verse du vin dans le verre de Noël.} i5 Madame Lebreton, à Noël. — Elle est gentille, n'est-ce pas, ma nièce ?

{Elle sort. Briqueville s'approche de la table et, pendant que Noël commence à déjeuner, Briqueville regarde la bouteille, soulève le panier . . . C'est de son meilleur vin. . . . Regard 20 furieux jeté vers la porte par laquelle est sortie madame Lebreton. Briqueville redescend en scène, en passant derrière Noël.

Noël. — Vous aviez parfaitement raison, mon oncle, il faut vérifier. . . mais pour vérifier j'avais besoin du bail, j'a- 25 vais surtout besoin du périmètre de la chasse qui était annexé au bail. . . . J'ai cherché ces papiers et, ne les ayant pas trouvés chez moi, j'ai pensé qu'ils devaient être chez vous.

Briqueville. — Cela est possible ... je crois en effet les avoir, et je te les ferai donner. . . . C'est tout ce que tu as 30 à me dire?

Noël, cessant de déjeuner, mais restant assis. — Non, mon oncle, ce n'est pas tout.

Briqueville. — Ah !

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