‹ L'été de la Saint-Martin (volume 3)Chapitre 18 sur 92 · SCÈNE XI BRIQUEVILLE, MADAME LEBRETON · texte numérisé non relu

SCÈNE XI BRIQUEVILLE, MADAME LEBRETON

Briqueville. — ne se contenant plus. — Venez un peu ici, vous . . . qu'est-ce que vous avez dit ? . . .

Madame Lebreton. — Monsieur ! . . . .

Briqueville. — Qu'est-ce que vous avez dit ? . . .

Madame Lebreton. — Que ma nièce allait partir ... 5

Briqueville. — Et pourquoi partir ? . . . pourquoi ?

Madame Lebreton. — Mais parce que . . . cette famille américaine avec laquelle Adrienne est venue en France . . . vous savez ... eh bien . . . cette famille est sur le point de retourner dans son pays . . . alors ma nièce est bien obli- 10 gée ... si elle tient à conserver sa place ... il y a quinze jours déjà qu'elle est ici . . . elle n'eût sans doute pas demandé mieux que d'y rester plus longtemps, mais c'est impossible . . . puisque cette famille américaine . . .

Briqueville. — Elle s'en va comme cela, sans me dire un 15 mot. . .

Madame Lebreton. — Oh ! que non, monsieur, elle m'a dit qu'elle viendrait tout à l'heure vous adresser ses adieux . . .

Briqueville, éperdu, presque fou. — Je n'ai que faire de 20 ses adieux ! elle ne partira pas !

Madame Lebreton, effrayée. — Monsieur. . . .

Briqueville. — Elle ne partira pas, je vous dis, parce que je ne veux pas qu'elle parte, parce que je le défends ! . . .

Madame Lebreton. — Monsieur ... au nom du ciel ... 25 qu'est-ce que vous avez ?

Briqueville. — Ce que j'ai ?

Madame Lebreton. — Oui . . .

Briqueville, parvenant à se calmer. — Ce n'est rien . . .

je vous demande pardon . . . votre nièce doit partir . . . c'est bien, elle partira. (77 descend à gauche.}

Madame Lebreton. — Mais ?

Briqueville, à part. — Le diable m'emporte, qu'est-ce 5 qui vient donc de m'arriver, à moi? (En souriant.) Ah! femmes ! femmes ! on a beau avoir des cheveux blancs . . . on a beau croire . . . qu'on est vieux . . . qu'on a fini ... il suffit de la première fillette ... (Se mettant la main sur la poitrine.) Je prenais cela pour de l'affection, moi, et pas io du tout . . . c'était bel et bien en train de devenir . . . Voyez un peu, si seulement cette petite était restée ici huit jours de plus . . . heureusement elle va s'en aller . . . qu'elle parte, madame Lebreton, qu'elle parte ; je ne m'oppose pas du tout à son départ ! (Entre Adrienne par le fond.)

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