‹ L'été de la Saint-Martin (volume 3)Chapitre 48 sur 92 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

il me l'a écrit sur papier à dentelles, en lettres hautes comme son sabre.

Bob. — C'était lisible, au moins. Allons, allons, Polly, je vous promets que vous l'épouserez, votre William Blackbeer. Dès qu'il aura quitté l'armée, je le prendai à 5 mon service, et quand je me marierai ... je vous prierai de venir tenir ma maison, avec lui ....

Polly. — Oh ! mister Bob ! ce sera avec plaisir, mais il faudra que votre appartement ne soit pas trop bas de plafond, vous savez, car il est si grand, si grand, Blackbeer! 10

Bob. — Ail right! je donnerai sa mesure à l'architecte.

Polly. — Oh! mister Bob, si Votre Honneur voulait . . .

Bob. — Et quoi donc, ma chère ?

Polly. — Si Votre Honneur le voulait bien . . . j'épouserais bientôt William. 15

Bob. — Comment cela ?

Polly. — Votre Honneur n'a qu'à se marier avec miss Georgina et de la sorte j'entrerais tout de suite à son service. . . .

Bob. — Cela vous est facile à dire, Polly, ma chère, et je 20 ne demanderais pas mieux que de vous avoir chez moi, par ce moyen-là. Mais miss Gibson n'est pas aussi décidée que vous ... à se marier, pour nous faire plaisir.

Polly. — Oh! mister Bob! mister Bob! . . . Les oreilles des femmes de chambre entendent souvent des soupirs 25 qui sont perdus pour leurs destinataires ....

Bob. — Polly, que dites-vous là, ma chère !

Polly. — Oui, Votre Honneur en vérité est trop timide. Oh! mister Bob, il y a longtemps que vous auriez dû demander la main de ma maîtresse. 30

Bob. — Oh! Polly! Mais, ma chère, miss Gibson ne peut pas me souffrir ... je ne lui plais pas, du moins, mes habitudes de vieux garçon excitent sans cesse sa gaieté, et jusqu'à cet innocent parapluie . . .

Polly. — Oui, oh! mister Bob, vous dites bien. Le parapluie de Votre Honneur fait rire miss Georgina. Elle vous taquine perpétuellement à ce sujet. Mais elle a de l'affection pour vous. Je le sais, moi; Votre Honneur 5 n'est-il pas le plus ancien et le plus fidèle des amis de ma maîtresse, de l'orpheline miss Georgina?

Bob. — Ah ! cela est bien vrai, Polly ! Je lui suis tendrement dévoué. J'ai veillé de mon mieux sur elle depuis qu'elle est restée seule, dans sa chère maison. Mais, voilà, 10 je ne suis pas celui qu'elle préfère. . . .

Polly. — Oh ! ne dites pas cela, mister Bob !

Bob. — Non! — Ah! si vous aviez vu hier, chez missis Chops, comme elle m'a traité froidement, méchamment, Polly, vous ne diriez pas cela. Est-ce que c'est moi qu'elle 15 a choisi pour la ramener ici hier soir? Non! Qui est-ce qni vous a escortées ici, toutes les deux ? C'est ce grand dadais de mister Fox. Elle a pris son bras. Elle a accepté l'abri de son parapluie. Ah ! Polly, je suis bien malheureux ! Je n'en ai pas dormi de la nuit. 20 Polly. — Allons, allons, mister Bob, au lieu de vous désoler, vous devriez prendre votre courage à deux mains, et essayer de supplanter ce mister Fox. Je ne l'aime pas, moi, mister Fox. Je n'entrerai jamais au service de mister Fox! William Blackbeer, non plus, n'aime pas mister Fox. 25 II me l'a dit souvent: hurrah pour mister Bob! grognement pour mister Fox!

Bob. — Ce brave William! Je ferai construire pour lui une chambre de deux étages, oui de deux étages de hauteur sans plafond !

30 Polly. — Oh! merci, mister Bob! Mais, je demande bien pardon à Votre Honneur, je vais voir à mes petites affaires. . . .

Bob. — Oui, ma chère, allez. Moi je vais faire une visite

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