‹ L'été de la Saint-Martin (volume 4)Chapitre 15 sur 92 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Noël. — J'ai à vous dire encore que vous n'êtes pas juste et que vous avez tort de m'en vouloir autant, car, après tout, c'est un peu de votre faute ce qui est arrivé. . . .

Briqueville. — De ma faute ? . . .

Noël. — Eh oui, si vous n'aviez pas, vous, pensé à me 5 faire faire le premier mariage, jamais sans doute je n'aurais, moi, pensé à faire le second. . . .

Briqueville. — Es-tu venu chez moi pour te moquer ? . . .

Noël. — Non mon oncle, non, je vous assure. ... Je vous dis les choses comme elles sont. . . . J'étais tout à fait 10 décidé à épouser la personne que vous aviez choisie pour moi. . . . Ç'a été ça le malheur . . . car si je n'y avais pas été décidé, je ne me serais pas occupé des quelques changements qu'il était indispensable de faire subir à mon ameublement de garçon, et si je ne m'étais pas occupé de ces 15 quelques changements, l'idée ne me serait pas venue d'entrer chez un tapissier. . . .

Briqueville, ironique, — Un tapissier ! . . .

Nëol. — Naturellement, puisqu'il s'agissait de. . . .

Briqueville, passant à gauche, — Un petit tapissier ! ... 20

Noël, toujours assis, — Ce n'était pas un tapissier considérable, mais il avait de belles choses. ... Je vis chez lui une étoffe qui me parut jolie, et entrai dans son magasin.

Briqueville, allant tomber sur son fauteuil, — Dans sa 25 boutique !

Noël. — Dans sa boutique, si vous aimez mieux ... et de sa boutique, je passai dans son arrière-boutique pour regarder un meuble dont il m'avait parlé. . . . (^Rapprochant sa chaise du fauteuil de Briqueville,) J'y étais depuis cinq 30 minutes dans l'arrière-boutique, quand une petite porte s'ouvrit, et elle entra. . . .

Briqueville. — EJJe }

Noël. — Oui, elle! (^Entre par le fond Adrienne avec un grand chapeau de paille; elle apporte des fraises dans un petit panier,^

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