‹ L'été de la Saint-Martin (volume 4)Chapitre 31 sur 92 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

celle-cty au moment de sortir^ s^arrête et, redescendant rapidement, vient se jeter aux genoux de Briçueville,)

Adrienne. — Eh bien, oui, nous partirons . . . nous partirons tout à Pheure . . . mais avant je tiens à vous dire comment les choses se sont passées . . . vous verrez alors si 5 nous sommes aussi coupables que vous croyez. . . . C'était lui . . . oui, lui qui sans cesse, me répétait que -cela le désolait d'être fâché avec vous, que c'était vous qui Paviez élevé, que vous étiez tout pour lui, et qu'il ne vivrait pas jusqu'au jour oli vous lui auriez pardonné. lo

Noël. — C'est vrai, mon oncle! et j'ajoutais que vous aussi vous deviez être malheureux de ne plus m'avoir près de vous . . . {Mouvement de Briquevillel) Si fait! mon oncle, si fait . . . car je savais quelle affection vous aviez pour moi, et j'étais bien sûr que votre colère, si violente et 15 si légitime qu'elle pût être, ne devait pas vous empêcher de m'aimer encore et de me regretter . . . quelquefois.

Adrienne, toujours à genoux, — Nous avons cherché tous les deux, nous avons cherché s'il n'y aurait pas quelque moyen d'amener un rapprochement. . . . Comme j'étais, moi, 20 l'obstacle et le principal motif de la querelle, la première chose était évidemment de me faire rentrer en grâce et de vous prouver qu'à tout prendre, je n'étais point aussi ... inacceptable . . . que vous sembliez le croire . . . mais comment vous le prouver ? puisque vous refusiez de me voir. ... 25 C'est alors que l'idée nous est venue d'imaginer un petit roman et nous avons arrangé avec madame Lebreton cette histoire de nièce. {Ici Briqueville se retourne d^un air furieux vers madame Lebreton, celle-ci recule de deux ou trois pas comme si elle avait très peur. ) Je suis arrivée ici chez vous 30 ... et, dût cela vous fâcher encore ... il faut que j'en convienne, j'y suis arrivée avec l'intention bien votre conquête, {Briqueville la regaràt^^ \^ ^'ù^ x>s^

épargné pour cela ... je m'étais promis d'être bonne, douce, prévenante et je Pai été . . . peut-être même ai-je été un peu coquette . . . c'est bien sans le vouloir, allez . . . j'avais tant envie de vous plaire. (£n souriant) Je n'ai pas bien cal- 5 culé la dose . . . j'en ai trop mis. {Briqueville la regarde encore ety sur les derniers mots, sourit malgré lui, Adrienne profite de P instant pour sé glisser presque dans les bras de Briqueville, Celui-ci prend les deux mains d^ Adrienne et Vembrasse sur le front,)

10 Briqueville, se levant, à Noël, — Allons, viens, toi ! Noël. — Bien vrai, mon oncle, bien vrai?

Briquevillle. — Ai-je le droit de t'en vouloir maintenant, puisque moi-même ... et cependant. . . {Noël et Adrienne empêchent Briqueville de continuer,) Mais tu avais i5 raison, ton excuse était là. (// montre le visage d^ Adrienne,) Et c'est là aussi que sera mon excuse, à moi. Si jamais le bruit se répand que j'ai été fou pendant une heure, et si l'on me le reproche, je dirai: regardez-la!

Madame Lebreton. — Et moi, vous me renvoyez tou- 2o jours. . . .

Briqueville.^ — Je le devrais . . . m'avoir ainsi exposé à. . . .

Madame Lebreton, bas à Briqueville, — Bah! vous en reviendrez, n'ayez pas peur. C'est le soleil de la Saint- 25 Martin; ça réchauffe, mais ça ne brûle pas.

Adrienne, à Briqueville, — Et maintenant, asseyez-vous là dans votre fauteuil. {Briqueville s* assied; à Noël,) Vous, là, près de votre oncle. . . (// s* assied sur une chaise derrière la table entre Briqueville et Adrienne, ) Et moi ici. {Elle 30 se replace sur sa chaise et, ouvrant le livre,) D'Artagnan. . . . Briqueville, P interrompant, — Nous y revenons. Adrienne. — Vous êtes bien? {Madame Lebreton vient s'a^iré?ua/!fr i/ârrtêre le fauteuil de Briqueville.^

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